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CAMPAGNE DE 1808 .
Alexandre le renouvellement des promesses de Tilsitt. Enfin il opposa aumauvais vouloir de l’Autriche une levée de iGo,ooo hommes.
Cependant la grande-armée e'vacua l’Allemagne pour porter au-delàdes Pyrénées ses redoutables colonnes. L’empereur lui adressa la procla-mation suivante :
« Soldats ! Après avoir triomphé Sur les bords du Danube et de la Vis-« tulc, vous avez traversé l'Allemagne à marches forcées. Je Vous fais«aujourd’hui traverser la France sans vous donnerun moment de repos.«Soldais! J’ai besoin de vous; la présence hideuse du léopard a souillé« les continerts d’Espagne et de Portugal , qü’à votre aspect il fuie épou-«vanté! Portons nos aigles triomphantes jusqu’aux colonnes d’Hercule.« Là aussi vous avez des outrages à venger. Soldats ! Tous avez surpassé« la renommée des armées modernes : mais avez-vous égalé la gloire« des armées de Rome qui, dans une même campagne , triomphèrent sur« le Rhin et sur l’Euphrate; en Illyrie et sur le Tage ?»
C’était promettre une de ces brillantes campagnes dont le succès étaitsi rapide. Le désastre de Baylen renfermait un grave enseignement dont ilétait profondément préoccupé. Les troupes de Dupont, formées de re-crues, s’étaient promptement aguerries; mais elles n’avaient apporté aUcamp que de l’aptitude militaire. Le jour où l’habileté des chefs s’étaittrouvée en défaut, l’énergie, la passion individuelle avaient disparu. Lasource de force, que les grandes crises de la révolution avaient fait surgirdu sein des masses populaires , commençait donc à s’épuiser. On pouvaitprévoir un avenir plus ou moins éloigné où elle serait réduite à desproportions appréciables au calcul, où elle cesserait d’être applicableà l’exécution des grands desseins auxquels l’empereur avait voué sa vie.Tout lui faisait une loi de se hâter de frapper sans relâche des coups dé-cisifs avant l’heure où la décrépitude atteindrait la génération héroïquedont il était l’héroïque représentant.
A la fin de l’été, Duhesme était 'entièrement bloqué à Barcelone par25 à 3o,ooo hommes, et l’année de Joseph, réduite à 5o,ooo combattansdivisés en trois corps sous Bessières, Ney et Moncey, était resserrée entreDurango , Miranda-del-Ebro, Logrono et la rivière d’Aragon . L’arméede Galice pesait sur sa droite et son front. Forte de 5o,ooo, elle étaitrangée en équerre de Bilbao à Tudela . Blake la commandait encore,mais il devait céder le premier grade au marquis de La Romana qui s’é-tant habilement échappé du Danemark, venait de ramener en Espagne tout son corps d’armée. Castanos (4o,ooo) faisait face à Moncey surl’Aragon soutenu en seconde ligne autour de Saragôsse par Palafox ( 20 , 000 ) ; outre ces corps, il y avait les divisions d’Estramadure et deCastille destinées à faire partie de l’armée de Castanos , et non incorporées.