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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1808 A 1809. 337

de manière à s’interposer entre les Castilles et les provinces du midi. Lesautres corps firent un à droite et filèrent au pied du Guadarama pourfranchir les défilés de cette haute montagne, tomber à l’improviste surValladolid et prendre en flanc les Anglais . Dans le même temps, Soultdescendit de Reynosa, dans le dessein de rompre la Romana et de de-vancer Moore dans le royaume de Léon.

Moore se vit perdu; coupé de Badajoz , il ne pouvait plus se retirerque par Ciudad-Rodrigo, au risque d’être acculé à l’entrée du Portugal etde perdre ses convois, ou par la Galice , au risque d’être débordé parSoult. Dans cette situation extrême, il prit la résolution de marcher aumaréchal, de l’écraserel d’opérer ensuite sa retraite. Funeste tentation, quil’engagea sans retour sur la route de la Corogne, et à laquelle il fut obligéde renoncer, en apprenant à Palencia que le 2 e corps avait été renforcépar le 8 e , et que Napoléon, malgré les obstacles de la saison, avait passéles monts et touchait à Valladolid. Il n’y avait plus d’espoir de salut quepar une de ces marches précipitées, qui sont accompagnées de tant dedésastres. Rien n’égale les malheurs et les désordres de la retraite desAnglais . La discipline se perdit, les soldats effrénés exercèrent en paysallié d’atroces dévastations; un grand nombre périt, le reste ne s’échappaqu’au prix de son matériel et de l’honneur des armes.

Moore et La Romana partirent ensemble, l’un de Carion, l’autre dePalencia, pour ne faire qu’une course jusqu’à Mansilla et Benavente .Près de cette dernière ville, il y eut au passage del’Esla un léger engage-ment à l’avantage des Anglais , mais trop insignifiant pour ralentir leurfuite; ils se hâtèrent de gagner Astorga . De son côté, Soult atteignit àMansilla l’arrière-garde espagnole, la culbuta, lui fit iôoo prisonniers etfrappa le corps de La Romana d’une telle terreur, qu’après de vains ef-forts pour conserver ses rangs, il se jeta dans les montagnes des Astu-ries. Soult poussa sans obstacles jusqu’à Léon, puis il fit à Astorga sajonction avec l’empereur.

Moore, toujours mené l’épée dans les reins, s’enfonça dans les gorgesde la Galice , abandonnant presque tous ses convois et des milliers deprisonniers. Son armée était désorganisée, Napoléon chargea Soult del’achever; il plaça Ney en observation aux débouchés des Asturies , etpartit pour Valladolid avec Bcssières [et la garde, rappelé en France parles armemens que l’Autriche 11e prenait plus la peine de dissimuler.

Le surlendemain, l’arrière-garde anglaise fut forcée à Cacabellos et lecorps de bataille s’enfuit jusqu a Lugo . La difficulté des transports re-tarda les vainqueurs, et donna à Moore le loisir de faire une courte halte,de reformer ses rangs, et de prendre position sur le Minho qu’il parutvouloir défendre; mais aux premières manœuvres de son adversaire, il

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