, CAMPAGNE DE 1809 . 341
dépourvu des moyens de la tenter une seconde fois, fut obligé de remon-ter jusqu’à Orense , pour trçuver un pont et s’engager dans les cheminsmontueux qu’il avait cherché à éviter.
Ce contre-temps occasiona beaucoup de retards,De nouveaux obstaclesétaient survenus. La Romana, débarrassé de Ncv,était descendu des As-turies et s’était jeté avec des nuées d’insurgés entre le Haut-Minho et lafrontière du Portugal . La colonne française, avant de remplir sa mission,fut obligée de guerroyer encore en Galice . Après quelques manœuvres,elle atteignit près de la Tamcga les bandes irrégulières qui se dispersè-rent au premier choc. La Romana battit en retraite aussitôt pour retour-ner dans les Asturies , où l’éloignement du 6 e corps avait donné carrièreà l’insurrection. Soult alors entra sans hésitation dans les délités du Por-tugal , sa marche fut des plus pénibles, la population entière était sou-levée. Les villages déserts ne présentaient aucune resspurce, et l’armée,arrêtée à chaque pas par la nécessité de faire des vivres, était sans relâ-che, harcelée sur ses flancs et sur ses derrières. Malheur aux traînards,aux hommes égarés ! ils périssaient des plus cruels supplices, et la troupeentendait leurs cris sans pouvoir les secourir ni les venger. ABraga, àGuimaraens, l’ennemi voulut se mettre en ligne; il suffit de s’avancerl’arme au bras pour le culbuter; mais dans les rochers qui bordent laroute, il reprit son avantage, et l’on ne mit pas moins de quinze jours àfranchir le court espace qui sépare Chavès d’Oporto.
Cette grande ville, peuplée de 70,000 âmes, avait fait les mêmes ap-prêts que Saragosse et Valence. C’étaient des retranchemens, des barri-cades dans les rues, des canons en batterie et une milice exaspérée. Ce-pendant, les redoutes furent forcées brusquement, la cavalerie se répanditdans les rues, sabrant, écrasant une foule de fuyards. L’épouvante saisittoute la population, qui se soumit après avoir subi les suites terribles d’unassaut.
Ce ne fut qu’une conquête stérile. Victor et par contre-coup Lapisscfurent retenus en Espagne . Pendant que les 1" et 4 e corps échangeaientleurs postes, l’armée d’Estramadure (22,000) commandée alors par lemême Cuesta, qu’on avait vu d’abord à la tête de l’insurrection de Valla-dolid, se porta jusqu’au Tage, détruisit le pont d’Almaraz et prit posi-tion sur la rive gauche. Victor fut donc dans la nécessité de com-battre pour se frayer la roulé du Portugal et dégager sou flanc droit. Laseule chaussée voiturable traverse Almaraz dont il fallait avant tout ré-tablir le pont. O11 se mit à l’œuvre et cependant deux colonnes (1 3 ,000)tournèrent l’ennemi par le pont del’Arzobispo et le forcèrent à la retraite.Cuesta se replia au-delà de la Guadiana . Là, ayant reçu un renfort de 3à /jooo hommes que le duc d’Albuquerque lui amenait d’Andalousie , il