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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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S/.2 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

revint sur ses pas pour offrir la bataille. Elle ne fut ni plus disputée, niplus heureuse que les précédentes rencontres. Cuesta (a 5 à 26,000) serangea dans une plaine spacieuse qui s’étend entre le lit delà Guadiana etle bourg de Don Benito , la droite au fleuve, la gauche à un ravin. LesFrançais (trois divisions d’infanterie, deux de cavalerie(21,000), maîtresde Medellin se déployèrent parallèlement aux Espagnols ; mais ceux-ci neformaient qu’une seule ligne sans réserve, et l’attaque ne disposa contreeux que d’une division d’infanterie flanquée par les deux corps de cava-lerie ; le reste se tint en seconde ligne. Cuesta avait su trouver le champde bataille de Friedland; on marchait à lui en débouchant d’une villedont le pont était l’unique point de retraite. Mais Yictor avait en sa fa-veur sa propre expérience et l’inhabileté de ses adversaires, il porta soneffort contre leur gauche et après deux heures de chances variées, il larompit, la rejeta en désordre sur le centre qui, ainsi que la droite , étaità ce moment fortement pressé. Alors, selon un écrivain espagnol , onvit tout-à-coup disparaître comme une rangée de cartes leurs longues etfaibles lignes. L’armée entière se débanda; dans le désordre, elle ne putse rallier qu’aux confins de l’Estramadure et de l’Andalousie , affaiblie deplus de 10,000 hommes.

D’un autre côté, une seconde colonne ennemie, rassemblée au défiléde Despeha-Perros, commandée par. le comte de Carbajal, sous le nomd’armée de la Manche, s’était mise en marche pour le Tage . Elle se heurtaà Ciudad-Réal contre Sébastian! qui la culbuta et la poursuivit jusqu’à laSierra-Morena . Ces deux victoires assuraient l’opération du premiercorps contre les armées actives; l’insurrection de l’Estramadure la fitéchouer. Yictor, concentré à Merida, fit sommer Badajoz d’ouvrir scsportes; la junte lui répondit avec fureur : toute la province se leva et lemaréchal crut devoir donner à Lapisse l’ordre de le rejoindre. Lorsqu’ill’eut rallié, il se disposa à tourner Badajoz et à pénétrer par les cheminsque Junot avait précédemment frayés. Mais le temps s’était écoulé,l’on apprit que le a” corps avait évacué Porto et l’expédition fut aban-donnée.

Soult, privé de l’appui des deux autres colonnes, eut sur les bras lesforces anglaises et portugaises. La route qu’il avait si péniblement par-courue se referma derrière lui. Sylveira, se jetant dans les montagnes quiencaissent la Tamega, reprit Chavès, Braga, Guimaraens; et les Gali-ciens, insurgés de plus belle, assiégèrent Tuy. Les hostilités en Alle-magne étaient flagrantes, et l’Angleterre redoublait d’efforts pour délivrerla Péninsule pendant l’absence de Napoléon. Wellington avec de nouvellestroupes fut envoyé à Lisbonne . Enfin rien ne fut négligé pour exciterl’ardeur des populations du littoral.