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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1809 . SW

n’avait point hésité à porter sur Victor toutes les troupes du midi et àdonnera Soult l’ordre de prendre le commandement des a', 5 e et 6” corps,de les réunir à Salamanque et de descendre, au pas de course, en Es-tramadure.

Cette belle combinaison honore le major-général Jourdan, mais Josephen perdit le fruit par son impatience de combattre et de vaincre à Tala-vera. S’il eût temporisé, s’il eût laissé Wellington s’enfourner dans lahaute vallée du Tage , c’en était fait de l’armée coalisée. Quoi qu’il ensoit, l’occupation de Plascncia par le 5 e corps fut un coup de foudre.Coupé de scs réserves, le général ennemi avait à choisir entre deuxpartis : rouvrir la communication tout en contenant Victor, ou renoncerà son plan de campagne et se jeter sur la rive gauche du fleuve. Le pre-mier projet était sans doute préférable; mais,après quelques mesures quilui démontrèrent les difficultés de l’exécution, il se décida pour le second,et il prit position au-delà du Tage, qu’il passa au pont de l’Arzobispo . Onne lui laissa pas le temps de s’affermir. Soult accourut, et après avoir fait àOropesa sa jonction avec Victor, il donna l’ordre à Mortier d’enlever lepont qu’on avait barré et que défendaient les troupes espagnoles. On pritpour les assaillir l’heure delà sieste, tant les Français s’étaient endurcisau climat. A deux heures, par une chaleur étouffante, la fusillade s’ou-vrit devant les ouvrages du pont. Cependant deux régimens de cavaleriepassèrent à gué à peu de distance et prirent à revers le corps qui tenait têteà l’infanterie. Il plia, mais avant que le passage fût déblayé,leduc d’Albu-querque survint au galop avec 4ooo chevaux, chargea les deux régimensfrançais , les déborda, les enveloppa de tous points. Il y eut une telle mê-lée , que Soult, croyant sa troupe anéantie , se disposait à faire tirer lecanon sur le nuage de poussière qui voilait les combattans, lorsqu’il vit lesEspagnols rompus se disperser dans la plaine. Dans ce moment, les mois-sons prirent feu, la flamme gagna les bois, et le champ de bataille ne futbientôt qu’un horrible incendie. L’ennemi, frappé d’épouvante, prit lafuite, abandonna t6oo hommes et 3o canons. Après cet échec, Welling-ton se mit en retraite sur Badajoz ; l’armée de Cuesta gagna, partie laManche, partie les montagnes de l’Estramadure .

Restait à réduire le duc d’El-Parque dont l’armée était descendue enCastille, et Venegas qui avait poussé ses colonnes jusqu’à Tolède etAranjuez . Sebastiani ( 1 4,ooo), les réserves (i 4,ooo) s’étaient déjà retour-nés contre celui-ci. Ney eut ordre de faire contre-marche, de se rendreà Salamanque et de repousser les Galiciens . Chemin faisant, il se heurtaau col de Bafios contre le détachement de Wilson qui se repliait aprèss’être montré aux portes de Madrid . Malgré l’avantage de ses positions,le général anglais fut contraint de céder au nombre. Il rentra en Porlu-