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GUERRES DE LA RÉVOLUTION,qu’il ordonna à Soult et à Mortier de se diriger sur Talavcra poury opérer leur jonction avec les troupes qu’il y conduirait de son côté;c’était la seule manœuvre à faire pour arrêter les progrès de l’ennemi :les deux maréchaux se mirent en route, mais la difficulté de cette mar-che à travers un pays ruiné, infesté d’insurgés et de postes ennemi?,en prolongea malheureusement la durée; le roi ne put être informéà temps de ses progrès. Cependant Victor (a 5 ,ooo) repassa le Tietar etensuite, l’Alberche, poussé de front par Cuesta et menacé à droite parWellington qui côtoyait les hauteurs de manière à le déborder. Maisdeux jours après sa retraite au-delà de l’Alberche, le maréchal fît sajonction avec Joseph qui accourait de Madrid avec sa garde et la di-vision Dessolles. A la vue de ce renfort Victor électrisé, repassa l’Albcr-che et culbuta les avant-postes ennemis.
Wellington ne doutant plus qu’on allait lui livrer bataille, se retran-cha sur une ligne qui appuyait sa droite à Talavera de la Reyna et sagauche à un mamelon que des ravins séparent de montagnes inaccessibles.Les Espagnols prirent la droite, appuyés au Tage, les Anglais formèrentla gauche. Le 27 juillet au soir, l’armée française arriva devant cettebelle position et l’attaqua sans succès. Cet échec conseillait la prudence.Le maréchal Jourdan, major général de Joseph, voulait qu’on attendîtSoult et Mortier pour livrer bataille; mais Victor et quelques autresofficiers-généraux insistèrent. Ce parti l’emporta, et, sans attendre Se-bastiani qui quittait seulement Tolède , on tenta, au point du jour,une nouvelle attaque qui ne fut pas plus heureuse que la première.Enfin après une courte suspension d’armes, causée par la chaleurextrême, les troupes de Sebastiani étant entrées successivement en ligne,l’affaire devint générale et dura jusqu’au soir sans que l’ennemi pûtêtre entamé. Les pertes étaient égales : on avait, de chaque côté, 7 a8000 hommes hors de combat, Joseph, renonçant à renouveler unesanglante lutte, fit retraite en bon ordre le jour suivant.
I.es alliés exaltèrent leur victoire; Wellington fut dès-lors combléd’honneurs. I^a junte centrale le nomma généralissime, et le roi d Angle-terre l’appela à la pairie avec le titre de vicomte de Talavera. Ce general,que la fortune a si souvent servi, a eu du moins le rare mérite de n êtrepoint étourdi de ses faveurs. Il jugea mieux de son succès en se refusantà poursuivre les Français . I>e surlendemain sa circonspection fut plei-nement justifiée lorsqu’on apprit que Soult débouchait à Plasencia , surles derrières de l’année combinée, à la tête de 3 ( 3 ,000 hommes.
Les licutenans de l’empereur, dont les dissensions funestes ont eu tantd’influence sur l’issue de la guerre d’Espagne , étaient toutefois imbus descs grandes leçons. Au bruit de la marche de Wellington, Joseph