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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1808. 351

On se heurta près deLlinas : Saint-Cyr prouva ce que peut la supé-riorité des manœuvres. Il défit complètement Vivès, lui passa sur le ventreet fit son entrée à Barcelone. Peu de jours après, il força à Molins-del-Rcy leLlobregat, qui défendait Reding, et il parcourut en vainqueur lesvallées d’où étaient descendus les Somatcns.

Reding prit le commandement en chef et se rallia sous le canon deTaragone; les Français , au nombre de 18,000, campèrent aux portesde Barcelone . On se tint d’abord en observation, puis la résistance deSaragosse excita les Espagnols à marcher au secours de cette noble cité.Il fallait avant tout écraser Saint-Cyr,on se porta contre lui en deux co-lonnes; mais loin de se laisser prévenir, il aborda lui-même lesassaillansà Walls, les surprit dans leur marche, rompit le premier corps (i 5 ,000)en deux parties, et poussant à Reding qui conduisait le second, il lemena battant jusqu’à Tal’agone dont il commença l’investissement.

Reding fut blessé et mourut; l’armée désorganisée, ne troubla point lesiège, mais les guérillas se montrèrent si nombreuses sur les derrières ducorps français , que le général en chef fut obligé de se retirer. Il se rap-procha de la frontière et se résolut à prendre Girone, pour établir avecla France une communication solide. Mais cette place à demi démantelée,le retint pendant sept mois. Elle ne céda qu’à la famine; ni les brèches,ni les assauts, ni l’incendie des maisons n’ébranlèrent la constance de scsdéfenseurs. Enfin l’armce active, commandée parBlake, ayant vainementtenté de leur porter secours, ils capitulèrent après avoir épuisé leursderniers approvisionnemens, leurs dernières munitions.