CAMPAGNE DE 1809. 359
Napoléon le prit pour pivot de ses manœuvres, et y posta la division ba-varoise de Wi'ède. C’est par là que la bataille commença. Lorsque l’ar-chiduc Louis fut engagé sur les rives de l’Abens, Lannes et Lefebvres’en éloignèrent et se portèrent, le premier au-delà de Rolir, l’autre enseconde ligne au-delà d’Abensberg . Dans le même temps,Oudinot poussavigoureusement Ililler d’Au à Mainburg, et de Mainburg à Pfaffen-hauscn. La conséquence de ces belles combinaisons fut de resserrer lesdeux corps ennemis dans un angle, dont le sommet était à Siegenburg et dont les côtés se rapprochaient de plus en plus. Entassés enfin l’un dansRottenburg , l’autre dans Pfaffenhausen, ils étaient perdus si Hillern’eut point eu l’heureuse inspiration de renoncer à percer jusqu’à Ho-henzollern et de se retirer précipitamment à Landshut .
Le lendemain', au jour, Napoléon chargea Lefebvre de renforcer Da-vout, puisavec Bessières, Lannes, Vandamme, Oudinot, il s’élança surles pas des vaincus. On atteignit leur arrière-garde en deçà de l’Iser; onpénétra pêle-mêle avec elle sur les ponts. Hiller, désespéré de n’avoirpoint le temps de les rompre, fit tirer à-la-fois sur les Français et sur lessiens, et ordonna d’incendier le pont de bois qui traverse le plus petit brasde la rivière. On ne le laissa point détruire. Le général Mouton (depuismaréchal Lobau) à la tête d’une colonne de grenadiers, s’élança entreles flammes qui débordaient déjà le parapet. Au milieu du tumulte, onl’entendait s’écrier d’une voix tonnante : « avancez toujours et ne tirezpas. » Il parvint de la sorte en peu d’instans jusqu’à la porte qui défen-dait l’entrce de la ville, il la fit briser à coups de hache et commençadans les rues un combat sanglant. La mêlée durait encore lorsque Hilleraperçut à sa gauche la tête de colonne de Massena, qui survenait par laroute de Moosburg . Il quitta aussitôt ses positions pour se retirer surl’Inn. Bessières avec deux divisions le poussa jusqu’à la Vils.
Ces journées affaiblirent l’ennemi de 8000 morts ou blessés, et d’autantde prisonniers. Elles complétèrent la séparation entre son centre et sagauche. A peine assuré de la retraite de Hiller, Napoléon fit volte-facepour se rabattre sur Ratisbonne et acculer le généralissime aux rempartsde cette ville, où Davout avait laissé garnison. Mais cette partie si déci-sive d’un plan dont le succès était jusque-là si brillant, fut altérée par laperte de Ratisbonne . Pendant le combat de Tlian, l’archiduc attaqua leseul régiment qui était chargé de le conserver. Ce n’était point assez pourdéfendre sa vaste enceinte. La résistance ne fut point de longue durée,la place fut enlevée et le prince se croyant poursuivi par l’armée entière,tira sur-le-champ de sa droite les 3o,ooo hommes de Kollowrath, dans ledessein de refouler les Français sur l’Abens et de rétablir la communica-tion avec sa gauche.