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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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368 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

vantes : Bernadotte à Budweiss ; Vandammc à Ens occupant Lintz etSteyer; Montbrun (cavalerie) sur la route de Presburg; Lauriston dé-taché du 4 “ corps , au débouché de Grætz et de Lcoben ; les autres corpsà Vienne pour se tenir prêts à passer le fleuve.

En trois jours on fit de l’îlede Lobau une vaste place d’armes qui com*muniquait avec la rive droite au moyen d’un grand pont île bateaux d’unelongueur de 5 oo toises sur les trois bras du Danube. Bessières, Lannes et Massena s’établirent alors dans l’île , et en même temps on jeta deuxponts sur un dernier bras large de 61 toises.

L’archiduc, soit indécision, soit désir de surprendre, de couper l’ar-mée, lui laissa le champ libre. Déjà 35 ,ooo hommes étaient en batailled’Àsparn à Essling, s’appuyant aux deux villages, lorsque vers cinq heuresdu soir, il parut à la tête de 100,000 hommes rangés perpendiculairementau Danube , la droite au fleuve, la gauche à Wagram.

Trois corps d’armée formaient la droite, marchant sur Àsparn. Leprince espérait que cette forte colonne enlèverait le village, prendraità revers les troupes qui avaient passé, les balaierait dans la plaine et lesobligerait de combattre détachées de leur ligne de retraite. Doux divi-sions de Massena déconcertèrent ce plan. Elles épuisèrent dans Asparntous les efforts de l’ennemi : pris et repris six fois, co village finit parrester au pouvoir de l’intrépide maréchal. Pendant co temps, l’archiducrabattit parallèlement au fleuve, le reste de son armée. La gauche atta-qua dans Essling Lannes qui ne montra pas moins de ténacité que Mas-sena. Le centre , cherchant à pénétrer entre les doux villages, fut con-tenu par de brillantes charges de cavalerie et forcé de vider le champde bataille.

La nuit suspendit le combat. Cependant le passage continua, Deuxfoi» interrompu dans la journée par la rupture des ponts, il le fut encoreavant le jour, et à l’aube, Napoléon n’avait pu mettre en ligne que5o,ooo hommes et 100 canons.

Néanmoins il n’hésita pas à commencer le feu ; les évènemens de la veillelui avaient indiqué le côté faible de l’ennemi. Il chargea Lannes : de per-cer le centre; la jeune garde de déboucher d’Essling, de prendre enflanc la gauche et de l’acculer au Danube ; Massena de pousser la droite.La vieille garde resta en réserve.

Les mouvemens prescrits s’exécutèrent victorieusement. Lannes fitfléchir à chaque pas les lignes du centre, et la jeune garde allait frapperle coup décisif, lorsque à 7 heures du matin, un incident désastreux chan-gea la face de la journée. Les ponts du grand bras furent emportés etle passage intercepté sans retour. Des brûlots, des débris de maisons en-flammés, charriés par un courant rapide dont une cruo d’eau extraordi*