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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1809,

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diait ses aides-de-camp pour annoncer les progrès de l’ennemi, pour de-mander des ordres. Le canon tonnait déjà sur ses derrières; la divisionBoudet, qu’on avait laissée à la garde des ponts, était refoulée dans l’île :la retraite était menacée.

Napoléon semblait indifférent à ces nouvelles, il les écoutait en silenceet portait ses regards, non du côté du Danube , mais vers sa droite.Enfin à midi, il aperçut Davout qui depuis le matin cherchait à tour-ner Rosenberg, dépasser Neusiedel ; il vit le corps autrichien plier, ilvit qu’il n’avait plus de diversion à craindre de la part de l’armée deHongrie , et il s’écria vivement ; « Courez dire à Massena qu’il reprennel’attaque, la bataille est gagnée.»

Massena tomba impétueusement sur les colonnes qui avaient osé ledéborder, il leur enleva Essling où elles cherchaient un appui, il ralliaBoudet et culbutant tout sur son passage, il seconda puissamment, ense portant jusqu’à Leopoldau, le mouvement que faisait le centre.

Napoléon s’était assuré que Davout avait pris l’ascendant et devaitpercer jusqu’à Wagram, il le fit côtoyer par Oudinot ; puis , flanqué del’autre côté par Massena, il n’hésita plus à former le reste de son centreen colonne et à le pousser en avant.

Macdonald se mit en première ligne avec huit bataillons déployés ettreize bataillons en masse sur les ailes. En seconde ligne, le vice^roi sui-vit, avec deux divisions, les cuirassiers et la cavalerie légère de la gardeaux ailes; enfin, en troisième ligne, Napoléon , la vieille et la jeunegarde et les grenadiers à cheval.

Rien ne put arrêter l’élan de cette masse formidable. Les lignes del’ennemi se rompirent devant elle. En la chargeant en flanc, elle luifirent éprouver de cruelles pertes, mais elle traversa, sans s’arrêtertoute la plaine, et lorsque, en saisissant enfin Sussenbrunn, Macdonaldeut trouvé un point d’appui, qui jusque alors lui avait manqué, l’archi-duc, dont les ailes avaient déjà perdu Wagram et Léopoldau, renonçaau champ de bataille, et ne combattit plus que pour assurer sa retraite.

Les combinaisons de cette journée roulent sur de telles masses; il y a,dans les calculs d’heure et de distance, une telle précision que l’imagina-tion en est effrayée. Elle coûta aux impériaux près de 3o,ooo hommesmais peu de prisonniers; les Français eurent i5,ooo blessés et 65ootués parmi lesquels on eut à regretter les braves généraux Lassale etLacour. Macdonald, Oudinot et Marmont reçurent sur le champ de ba-taille le bâton de maréchal ; Massena, le titre de prince d’Essling.

Les colonnes battues s’éloignèrent par les routes de Bohême, cou-vrant celle de Moravie par un détachement destiné à ouvrir la communi-cation avec l’archiduc Jean qui, après être resté pendant la bataille dans