374 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
posait à l’enlever, lorsque les Autrichiens en sortirent, passèrent le Russ-bach et firent reculer l’aile droite du vice-roi. Mais on était sous les armes,on leur eut bientôt opposé Eugène, Davout , la garde, la cavalerie; ilsfurent culbutés et rejetés en désordre au-delà du ruisseau.
Comme Napoléon allait suivre ce succès, aborder les collines, se jeterentre les deux archiducs, il apprit que Rosenberg seul était devant lui.U aperçut dans le lointain les masses du généralissime, que ce princeavait formées, de Stammersdorf au Danube , et qui s’avançaient perpen-diculairement au fleuve. Les officiers d’ordonnance se succédaient d’in-stant en instant; on sut bientôt que le centre des Autrichiens occupaitAderklaa, évacué par Bernadotte , et que leur droite marchait aux ponts.Comme dans la journée du21 mai, ils prenaient à revers les lignes fran-çaises et mettaient toute l’armée en péril. Un coup-d’œil suffît à Napo-léon pour mesurer le mal et pour y porter remède. U laissa à Davout le soin de déborder Rosenberg, de le rejeter sur Wagram ; il courut àMassena, lui donna le commandement de toute la gauche , lui prescrivitde rentrer dans Aderklaa ; enfin il prit Eugène, Marmont, Oudinot, lesBavarois et les réserves pour former le centre, et leur fit faire un change-ment de front, l’aile gauche eu arrière, de manière à les ranger de Bau-mersdorf à Raschdorf.
Ce mouvement, qui s’exécuta, sous les ordres d’Eugène, avec une ad-mirable précision, fut protégé par l’attaque d’Aderklaa . Massena enlevad’emblée le village; puis, en s’y maintenant pendant trois heures, il s’op-posa au déploiement du centre de l’archiduc. Enfin assailli par le princeen personne, débordé par sa droite, il dut céder la position; mais levice-roi était en mesure, et l’on pouvait reculer sans rien compromettre.L’infanterie se forma par bataillons serrés en masse, et se replia en obli-quant à gauche en arrière et en repoussant avec vigueur les charges dela cavalerie ennemie. Lorsqu’elle eut repris l’alignement du centre à lahauteur de Raschdorf, elle fit halte.
Il était dix heures : à ce moment, l’archiduc, ayant déblayé le débou-ché de son centre, s’avançait dans la plaine. Napoléon , qui ne voulait mse porter au-devant de lui, ni engager la mêlée, l’attendait de piedferme, couvert sur une demi-lieue de front par soixante pièces d artille-rie de la garde. A l’approche des Autrichiens, toute la batterie vomit unfeu terrible et les força de suspendre leur marche. La cannonadc s’ou-vrit de part, et d’autre portant dans les rangs opposés le ravage et lamort; elle se termina à l’avantage des Français ; l’ennemi fut réduit ausilence.
Cependant, la gauche du généralisime pénétrait dans l’intervalleque Massena avait laissé vide entre le Danube et lui. Le maréchal expé-