382 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
prit, après dix jours de tranchée ouverte, la petite ville d’Olivenza ;puisau bout de quatre jours, il investit Badajoz par la rive gauche de laGuadiana . La place était défendue par une forte garnison , et en outre,par Mendizabal, qui avait pris position sur la rive droite sous le canondu fort San-Cristobal. Lorsque les premières batteries do siège furentdressées, le général ennemi s'introduisit dans l’enceinte avec 8000 hom-mes, après quoi il fonça sur les assiégeans. Mais cette sortie n’ayant pro-duit que peu d’effet, le surlendemain il fit évacuer les embarras, les ma-lades, ne laissa dans la place que 9000 hommes bien complets poursoutenir le siège, et reprit ses positions. Après son départ, Soult poussales travaux et se mit en mesure de forcer son camp de manière à l’éloi-gner sans retour. L’attaque eut un plein succès:en quelques heures decombat, le corps espagnol fut entièrement dispersé ; ses débris se jetèrentdans les places portugaises d’E! vas et de Campo-Mayor. Dès-lors, Badajoz fut investi sur les deux rives du fleuve, et en dix-huit jours il fut ré-duit. Bientôt après, Campo-Mayor eut le même sort.
Pendant ces sièges, on ne cessa point de guerroyer sur les confins duPortugal et du royaume de Murcie . De ce côté, les efforts redoublèrentpour rompre le blocus de Cadix . On jeta des troupes auglo-espaguoles àAlgesiras; on réunit sous Gibraltar 18,000 hommes commandés en chefpar la Pefia. Ce général déboucha par le flanc gauche le long du rivagedans le dessein d’attaquer à revers le corps assiégeant. Repliant les can-tonnemens français, il poussa jusqu’à Vejer , d’où il entreprit de semettre en communication avec l’île de Léon. Victor, à la tête de 10,000hommes, sortit de ses ligues par Chiclana et manœuvra de manière àjeter cette colonne dans la nier. Ce projet fut déjoué. Les auxiliaires an-glais , faisant à propos face à ses deux ailes, soutinrent un combat oùils perdirent 2000 hommes, et où ils eussent peut-être obtenu une vic-toire signalée si les Espagnols eussent secondé leur effort. La mésintelli-gence qui éclata entre les alliés permit à Victor de rentrer dans ses lignesqui 11e furent point inquiétées; après quoi, il commença le bombardementde la place.
Soult prit ces évènemens pour prétexte; peu soucieux de contribuerau succès de Massena qui était alors en vue de Lisbonne , il suspendit sesopérations offensives pour revenir à Séville . Ainsi les rivalités entre lesliéütenans de l’empereur, leur ambition démesurée qui leur faisait en-trevoir comme prix d’une expédition heureuse un titre de roi, ajoutaientaux difficultés sans cesse renaissantes de cette funeste guerre.
L’armée du midi, faute d’avoir franchement envahi le Portugal , futçlle-mêrae assaillie lorsque Wellington vainqueur eut fait reculer Massena.Les alliés reprirent Olivenza; Badajoz fut assiégé, Soult en se portant à