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GUERRES DE LA RÉVOLUTION,de lui prêter un secours efficace. U mit alors le siège devant Tortose ; lestravaux marchèrent avec une rapidité rare; le dernier jour de décembrela brèche était faite, et le jour suivant la garnison se rendit. A peinemaître de la place, Suchet fit prendre par un de ses lieutenans le fortSan-Felippe qui ferme le col de Balaguer. Toutes les routes de Barce-lone à Saragosse et Valence étaient interceptées et l’on était maître depousser les opérations soit au nord, soit au midi. Avant tout, Suchetmanoeuvra jusqu’au mois de mars pour purger l’Aragon des bandes del’Empecinado, de Yillacampa, d’Espoz y Mina . Ces trois chefs furentrejetés : le dernier en Navarre , les deux autres dans les montagnes deCuenca .
On avait le champ libre et l’on pouvait dès-lors marchor sur Valence;mais l’empereur, mécontent de Macdonald, réunit au commandement deSuchet la Catalogne méridionale, et lui prescrivit de réduire Taragonc.4o,oqo hommes tirés des deux armées investirent cette grande place quirenfermait 7 à 8000 hommes de garnison. C’était le dernier boulevard del’ennemi qui ne négligea rien pour prévenir sa chute; mais ni sa con-stance, ni sa facilité de ravitailler la place du côté de la mer, ne l’em-portèrent sur l’ascendant d’un général déjà tant de fois victorieux. Aprèsdeux mois d’investissement, Taragone fut enlevé d’assaut. L’armée, en-suite, occupa Mont-Serrat, position fortifiée qui commande les approchesde Barcelone .
Cette continuité de succès, dans une contrée où les généraux les plusreuommés échouaient, avait élevé Suchet à la dignité de maréchal. Illui restait, pour la couronner, à s’emparer de Valence. Lorsque l’annéedu nord de la Catalogne n’eut plus à craindre de diversion près do lafrontière, il déploya 23,000 hommes: la droite à Terrent, la gaucheà la mer, et il les poussa en avant en trois colonnes.
Bassecourt n’avait rien fait pour arrêter ses pas. A peine avait-il con-couru aux excursions qui avaient ralenti les sièges de Tortose et de Ta-ragone . Palaçio,qui l’avait remplacé, avait cru rendre la ville imprenableen promenant à l’entour l’image de Notre-Dame de Los Desemparados,Mais, à la nouvelle des apprêts de Suchet, la régence fit passer a Va-lence Blako avec 9 à 10,000 hommes. Ces forces jointes à celle duroyaume, à celles de Villacampa présentaient un effectif bien supérieur àcelui du maréchal. Blake commença par mettre en état de défense leschâteaux d’Oropeza et dé Sagotite, puis il donna à scs troupes une atti-tude militaire à laquelle scs prédécesseurs n’avaient point songé; toute-fois, le temps lui manqua.
L’armée française parut sous Sagonte (Murviedro) que les forces es-pagnoles étaient loin d’être concentrées; mais ce vieux fort renfermait