CAMPAGNES D’ESPAGNE EN 1810; 1811 ET 1812. 391
qui s de Campo-Verde, qui se mit en e'tat de défense. Trop faible pourentreprendre un siège, le maréchal battit en retraite jusqu’à Lerida , har-celé par l’ennemi, contre qui il soutint à Valls un rude combat. Le quar-tier général resta jusqu’à la fin de mars à Lerida . Alors le commande-ment de Macdonald ayant été réduit à la Catalogne septentrionale, il dutsc rendre à Barcelone. L’armée espagnole, manœuvrant sur Taragone et Mont-Scrrat, lui barrait la route; il prit un détour en remontant leLlobrcgat. Arrivé à Manrcsa, il fut accueilli par une violente fusillade.C’était une division espagnole qui l’avait côtoyé le long des hauteurs etqui engageait le combat. On la déposta, l’on entra dans la ville; mais àla nuit, soit accident, soit colère des vainqueurs, elle fut incendiée. Cedésastre exalta la population entière,qui se leva pleine de rage et ne cessapoint d’escorter la colonne française en lui faisant éprouver de grandespertes. A peine au terme de sa marche pénible, Macdonald apprit unenouvelle foudroyante. Le fort de Figuères venait d’être surpris par l’en-nemi, qui avait jeté une garnison dans cette place si importante pour assurerles communications avec la France . Jamais succès n’eut plus de retentis-sement, la Catalogne entière fit entendre un cri de triomphe. Campo-Verde partit de Taragone avec 10,000 hommes, pour renforcer la gar-nison de Figuères et lui fournir des munitions de toute nature. Toute-fois, malgré son activité, malgré la diversion qu’essaya de produire undétachement anglais débarqué auprès de Roses , il fut prévenu : 4000Français lui présentèrent la pointe de leurs baïonnettes, le prirent enliane, le rompirent, lui mirent hors de combat 3ooo hommes, lui enle-vèrent ses convois et lui ôtèrent l’espoir de renouveler cette tentative.Macdonald, à son tour, investit la place et la réduisit par famine.
Mais rien ne pouvait abattre la constance des Espagnols ; ils s’empa-rèrent des îles qui ferment l’embouchure du Ter, ils firent irruption surles lignes de communication au-dessus de Barcelone , et forcèrent lesFrançais à abandonner Mont-Serrat . Enfin ils reportèrent la guerre danslaCerdagnc. A ce moment, Macdonald fut remplacé par Decaen, dontles efforts se bornèrent d’abord à ravitailler Barcelone , opération dontles difficultés allaient toujours croissant.