CAMPAGNES D’ESPAGNE EN 1810 , 1811 ET 1812 . 393
leurs flancs. La droite du 8' corps, division Bonnet, envahit les Asluries.Junot, avec le centre et la gauche, marche sur Astorga dont les ennemisavaient réparéla vieille enceinte et qui couvraient les débouchés delà Galice .
Les Asturies , depuis le départ de l’armée de La Romana, n’étaientplus défendues que par G à 7000 hommes. Ces troupes plièrent, et, aprèsplusieurs marches et contre-marches faites dans le but de les forcer à re-cevoir la bataille; après avoir deux fois pris et évacué Oviedo , Bonnet semit en possession de cette ville sans avoir livré de combat sérieux. Cepen-dant Junot, après avoir masqué les défiles de la Galice , de manière àtenir en respect les levées que commandait Maby, resserra Astorga qu’ilcomptait enlever d’emblée. La ténacité du gouverneur Santo-Cildès dé-truisit cette espérance. On fut dans la nécessité de procéder aux opéra-tions de siège et ce ne fut qu’à la fin d’avril, cinq jours après l’ouvertured’une brèche, que la garnison se rendit.
D’un autre côté, Reynier s’étendit par sa gauche dans l’Estramadurcpour communiquer avec l’armée du midi et paralyser La Romana.
Ces provocations n’ayant point ému Wellington, le 6" corps investitCiudad-Rodrigo . Reynier, Junot, Montbrun s’en rapprochèrent et dejour en jour, on refoula la garnison dans ses murs. Elle était forte de5 ooo hommes, et l’avant-garde anglaise, postée entre l’Aguedaet laCoa,semblait disposée à lui prêter secours. Après six semaines d’escarmouches,qui ne purent déterminer les alliés à sortir de leurs camps , Ney ouvritenfin la tranchée. La place résista comme les villes espagnoles résistaientalors. Il fallut a 5 jours de travaux poussés avec vigueur, ouvrir unebrèche et livrer un assaut pour faire déposer les armes à la garnison quise rendit à discrétion.
Maître de cette forteresse, Massena résolut d’aller chercher son adver-saire jusqu’au fond du Portugal . Ce royaume était défendu par 35 ,000Anglais , 5 o,000 nationaux organisés régulièrement, commandés par desofficiers anglais , les bataillons de milice, formant trois corps francs de 7 à8000 hommes chacun sous Trant, Sylveira et Wilson, et enfin les levéesen masse ou ordenanzas, enrôlées dans chaque canton sous les ordresd’un chef nommé capilanmor, aux ordres duquel les paysans devaient,sous peine de mort, courir eu armes aux lieux de rendez-vous.
Ce n’était point volontairement que le Portugal s’était prêté t à ces me-sures énergiques; mais, dans cette conjoncture , Wellington n’était pointseulement général anglais , il était encore homme de parti, représentantdu torysme ébranlé que cette campagne devait renverser pour jamais ourelever triomphant. Aussi, sans s inquiéter s il n’allait point semer dansune colonie de l’empire britannique des haines irréconciliables, il avaitdéployé l’autorité la plus inflexible. Non content d’avoir plié tout un