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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1812.

tour-Maubourg (62,900); enfin, il destina Schwarzenberg à couvrir,par Drogiezin, le grand-duché de Varsovie et à contenir Tormasof.

Les Russes , stupéfaits à l’approche de ccs masses irrésistibles, ne firentaucun mouvement et comprirent qu’il fallait renoncer au Niémen ; ilsformèrent le projet d’attirer l’armée sur la Dwina et d’inquiéter ensuitesa retraite et ses flancs.

Mais Napoléon n’était point dans l’intention de traîner la guerre enlongueur, il avait entrevu dans ccs contrées inconnues l’application dusystème, qui avait si promptement abattu l’Autriche et la Prusse et quiréduisait une campagne à une marche habile suivie d’une action décisive.

Le Dniéper et la Dwina servaient de base: l’une à Barklay, l’autre àBagration.Ces deux fleuves qui se jettent : le second dans la nier Baltique ,le premier dans la mer Noire , à une distance de 35 o lieues, prennent leursource sur un étroit plateau, dont la crête est la ligne de partage des eauxde l’Europe et de l’Asie , et dont l’abord est couvert par les anciennesvilles de Witepsk et de Smolensk , derniers boulevards de Pétersbourg etde Moscou . Maître de cette position centrale, il ne faut plus qu’unegrande bataille pour porter les armes victorieuses jusqu’aux murs del’une ou de l’autre des deux capitales. Napoléon avait combiné son opé-ration pour y pénétrer d’emblée , pour disloquer, chemin faisant, les ar-mées ennemies, pour les forcer d’accepter le combat avec tout le désa-vantage d’une retraite précipitée.

Pendant qu’Eugène et Jérome immobiles se tenaient l’arme au braspour ne point trop promptement donner l’éveil à Bagration , Macdonald,déboucha de Tilsilt, et Napoléon franchit le Niémen à la tête de i 5 o,ooohommes. Il choisit, avec son à-propos ordinaire, le lieu le plus propre àl’établissement des ponts. Le fleuve fait au-dessus de Kowno plusieursdétours, et, pendant plus de quatre lieues , il côtoie la route de Vilna. Duvillage de Ponïemon on domine cette partie de son cours, et c’est là quese porta d’abord la colonne rassemblée à Pilwisky. Le 23 juin, au soir,Napoléon reconnut la rive droite où se trouvait un rideau de cosaques;il y fit passer 2 à 3oo voltigeurs qui prirent terre sans brûler uneamorce. A leur approche, les cosaques disparurent dans les bois. Lestroupes du génie survinrent aussitôt et commencèrent à construire troisponts dont les travaux ne furent pas troublés. Le lendemain, au jour,Davout ouvrit la marche et dès le soir toute la troupe avait défilé.

Wittgenstein et Barklay,pliant sous le faix,furent rompus et contraintsa battre en retraite. A peine au-dela des ponts, le premier corps, obli-quant à gauche, poussa jusqu’à laWilia. Baggowout, coupé du corps debataille, évacua Kowno , par la rive droite, pour rejoindre Barklay, ensuivant le cours sinueux de la rivière. La ville fut immédiatement occupée,