CAMPAGNE DE 1812. 423
moment où l’on opérait un mouvement toujours dangereux en présencede l’ennemi. Les Autrichiens cédaient leurs postes à l’armée saxonne,dont les avant-gardes seules étaient en ligne. Tormasof établit sans peinesa droite et sa gauche à Pinsk et Brzesc-Litowski. Son centre trouvadans Kobrin une brigade saxonne qui résista glorieusement, mais quifut enfin enlevée. Reynier était alors à Chomsk; il accourut, mais, par-venu à Antopol, il apprit qu’il était trop tard, et il battit en retraitejusqu’à Slonim où il rejoignit Schwarzenberg.
Napoléon réunit les deux corps d’armée sous le commandement duprince autrichien à qui il prescrivit de tomber sur le général russe et dele poursuivre sans relâche jusqu’au Dniéper .
Schwarzenberg répondit d’abord à son attente. Il conduisit les Au-trichiens à Chomsk, tandis que Reynier, à la tête des Saxons , tournaieutles sources de la Jasolda. L’effet de ce mouvement fut de replier Torma-sof sur la ligne de la Muchawess. Pour l’en déposter, l’armée entière seconcentra dans Prushani, à l’effet de pénétrer en masse à Kobrin . L’en-nemi, forcé d’accepter la bataille, choisit sa position , il s’établit à Go-rodezna sur des hauteurs boisées qui ne laissaient point de développementà l’attaque. Les Autrichiens commencèrent le feu que les Russes soutin-rent avec vigueur. Reynier tourna leur camp parla gauche, mais ils lecontinrent et le combat dura jusqu’à la nuit. Enfin Tormasof, voyant lesSaxons menacer sa ligne de retraite, vida le terrain, le désordre se mitdans ses rangs, on l’atteignit à Kobrin de manière à ne point lui laisserle temps de rompre le pont, et il s’enfuit tout d’une traite jusqu’au Styr,sans pouvoir se reformer.