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GUERRES DE LA REVOLUTION.
pour se mettre eu bataille devant l’ennemi avec sa cavalerie et une divi-sion du premier corps. Bientôt le vice-roi le releva sur la grande route;Poniatowski s’avança par le vieux chemin de Smolensk , et l’empereur sur-vint empressé d’embrasser de sou œil d’aigle le champ de batailleque son adversaire avait choisi.
Napoléon ne fut pas long-temps à concevoir l’ensemble du plan deKulusof. Aunotnbre des troupes groupées autour de la redoute, dont lesassaillans menaçaient sa ligne de marche, aux mouvemens qu’on aper-cevait dans le lointain, il comprit que Murat était en présence de l’ex-trême gauche des Russes , que leur droite devait s’étendre jusqu’à laMoskowa,que le centre s’appuyait aux collines qui commandent Boro-dino et que Kutusof avait dessein de manœuvrer de manière à con-traindre l’armée française à défiler devant un front hérissé de batteries.
Il ordonna à l’avant-garde de foncer sur la redoute deSchwardino etde l’enlever. Le combat s’engagea avec une rare ardeur. On parvintpromptement au pied du mamelon. Là, les cavaliers russes continrentd’abord le roi de Naples, mais ils n’eurent point de prise contre l’infan-terie, qui, après de sanglans efforts, entra dans les retranchemens, sa-bra, anéantit tout ce qui s’y était renfermé, prit les canons dont ils étaientarmés et les tourna du côté opposé. Des renforts arrivèrent de part etd’autre, et le feu se prolongea jusqu’à io heures du soir, sans que lesRusses pussent rien regagner du terrain perdu.
C’était un succès important : l’empereur pouvait pénétrer à fond dansle détail des dispositions dont il avait entrevu l’idée générale. Il pou-vait baser à coup sûr les combinaisons de l’attaque. Le jour suivant, dèsl’aube, il reconnut le cours de la Kolocza et les hauteurs où s’étaient re-pliées les troupes battues la veille.
Placé sur les parapets de la redoute conquise, on voyait à droite, jus-qu’à l’horizon, la forêt de Schwardino, percée par une clairière où passele vieux chemin de Smolensk ; devant soi, à une distance de 5 à 600toises, deux redans surmontés d’une flèche, élevés derrière le ravin del’Agnitza, pour lier les bois aux bords escarpés de la Semenowskoa ; surla rive droite de ce dernier cours d’eau, d’abord dans l’alignement des re-dans , et 4 à 5oo toises plus loin au-dessous, des ruines fumantes du vil-lage de Semenowskoi qu’on avait rasé et brûlé pour démasquer lespièces , une batterie découverte; puis, à gauche, au sommet dun ma-melon qui’marque le confluent de la Semenowskoa et de la Kolocza, unegrande batterie bastionnée. En se transportant sur la Voina, près de Bo-rodino, on distinguait sur la chaussée en avant du hameau de Gorka,deux coupures armées de canons, et enfin, entre la route et la Moskowa,quelques redoutes informes.