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CAMPAGNE DE 1812.
Bagration était déployé de Scmenowskoi à Ustiza (gauche). Barclayavait groupé le centre, de la grande redoute aux rctrancliemens deGorka et étendu la droite jusqu’à la Moskowa. Les réserves étaient éche-lonnées à iooo toises en arrière de la Semenowskoa. Les avant-postesétaient répandus dans les bois et sur les ravins de l’Agnitza, de la Se-menowskoa , de la Voina.
Napoléon trouva les positions de l’ennemi très belles, occupées avecintelligence , mais il en saisit aussitôt le côté vulnérable. La gauche etle centre étaient compris entre les deux routes de Smolensk qui se croi-sent à deux lieues au-delà de Borodino. Si la graude-armée perçait toutentière dans cet intervalle, en pivotant sur l’aile gauche; si elle culbu-tait d’emblée Bagration , on pouvait espérer de prévenir Barclay aupoint de jonction des deux routes, de l’acculer en désordre à la Mos-kowa ot de terminer enfin la campagne. Tel fut le plan de Napoléon dont il remit l’exécution au lendemain.
Lo reste de la journée fut employé à jeter des ponts sur la Kolocza, àtracer des contre-batteries, à retranchor l’extrême gauche. Mais on at-tendit l’obscurité pour prendre l’ordre de bataille que l’on voulait déro-ber à Kutusof. Celui-ci cependant faisait passer dans ses rangs une pro-cession solennelle terminée par une statuette de la Vierge, sorte de re-lique miraculeusement sauvée, disait-on, du désastre de Smolensk . Puisadressait à chaque corps des paroles mystiques où il invoquait la ven-geance du ciel et des hommes contre Napoléon , archi-rebelle, profa-nateur du sanctuaire et des autels.
A la nuit les lignes se formèrent; aux deux ailes : Poniatowski prèsdu vieux chemin de Smolensk ; Eugène, renforcé par deux divisionsdu premier corps et la cavalerie deGrouchy, à cheval sur la Koloczaderrière la Voina, à Goo toises de Borodino. Au centre : en première li-gne Davout (a divisions) et Ney couverts chacun par une contre-batteriede a4 pièces opposée aux redans; en seconde ligne, Murat et Junot; entroisième ligne à gauche de la redoute, la jeune garde et la divisionFriant du i or corps; enfin, en réserve, derrière la redoute, la vieillegarde. Malgré la brume qui rendait l’obscurité profonde, les mouve-inens s’exécutèrent avec la précision habituelle et l’empereur vit avecjoie, aux feux de l’ennemi, que Kutusof ne changeait rien à ses dispo-sitions.
Les premières lueurs du jour dissipèrent le brouillard, le soleil seleva resplendissant et Napoléon s’écria : Voilà le soleil d’Austerlitz! Aee moment les troupes ayant pris les armes on lut la proclamation sui-vante, noble pendant des homélies de Kutusof.
« Soldats, voilà la bataille que vous ayez tant désirée! désormais la