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GUERRES UE LA RÉVOLUTION.
victoire dépend de vous; elle nous est nécessaire, elle nous donneral’abondance, de bons quartiers d’biver et un prompt retour dans la pa-trie. Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Witepsk , àSmolensk , et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil votreconduite dans cette journée ; que l’on dise de vous: « U était à cette« grande bataille sous les murs de Moscou . »
Ausitôt le canon de la batterie de droite donna le signal et la pre-mière ligne s’ébranla aux cris mille fois répétés de vive l’empereur!Poniatowski était chargé d’ouvrir le défdé de la forêt; le centre, de dé-blayer d’abord l’intervalle entre les bois et Semenowskoi en emportantles deux redans et la flèche; la gauche, de se porter dans Borodino,puis de passer la Kolocza assez vivement pour donner le change à Ku-tusof, pour lui faire croire que l’armée portait son effort sur la granderoute de Moscou .
On conçoit avec quel désavantage les Français engageaient l’action,exposés, sur un terrain entrecoupé, au feu de batteries bien épaulées.Davout fut le premier aux prises et, dès l’abord, la vivacité des coupsfit pressentir une lutte cruelle. Ses colonnes longeaient la lisière desbois, précédés de 3o bouches à feu destinées à écraser le flanc du pre-mier redan. Elles marchèrent lentement retardées par la difficulté detransporter l’artillerie, cependant elles débordèrent la tête de la posi-tion ennemie. Compans franchit vivement l’espace entre le bois et leretranchement dont il se rendit maître; mais il tomba grièvement blesséet ses troupes furent ramenées. Duplain, Dessaix, Rapp qui prirent tour-à-tour ce commandement périlleux eurent le même sort. Le maréchallui même venait d’être renversé de cheval, lorsque les progrès de Neychangèrent la face de ce combat acharné. Soutenu par toute la secondeligne, il força le passage de l’Agnitza, couronna les hauteurs, fit bra-vement reculer Bagration et isola la batterie qui vomissait un feu simeurtrier. Les troupes du premier et troisième corps y pénétrèrent enmême temps des deux côtés. Les Russes prétendirent la reprendre; onles culbula et l'on enleva le second redan. Us s’avancèrent de nouveaupour disputer cette double conquête; mais Murat, débouchant entre lesredoutes dont le feu le secondait, fournit de brillantes charges et dé-blaya leurs flancs jusqu’à laSemenowskoa. L’élan était donné, la cavaleriede Latour-Maubourg, franchit lé ravin, sabra les canonniers de la bat-terie de Semenowskoa et resta maîtresse de la position.
Cependant quatre heures s’étaient écoulées et le champ de bataillen’était pas encore ouvert. L’ennemi cédait le terrain, mais sans désordreet l’on voyait son centre, ses réserves, se porter sur sa gauche relevés,dans leurs postes primitifs, par sa droite. Le plaît de l’empereur était