CAMPAGNE DE 1812.
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démasqué, les deux armées allaient se faire face et la chance des grandesmanœuvres élant perdue, la victoire appartenait aux plus intrépides. Al’aile droite Poniatowski avait pris et s’élait laissé reprendre le mamelond’Ustiza. A gauche le vice-roi, après avoir enlevé Borodino, que lesRusses incendièrent en l’évacuant ; après avoir passé la Kolocza où iln’avait pu d’abord se maintenir, était entré, à la suite d’un rude as-saut, dans la grande redoute. Mais l’effort désespéré de deux divisionsadverses l’en avait repoussé. Ainsi, sur toute la ligne, le succès étaitindécis et Kutusof se disposait à ressaisir partout l’attaque.
Son but était de rentrer dans les retrancheniens et positions enlevéspar Ney, Murat et Davout ; il s’appuyait à gauche sur Ustiza, sur laflèche qui dominait les deux redans, sur les ruines de Semenowskoi, aucentre sur la grande redoute, sur les batteries de Gorka. Le but del’empereur était de forcer ces derniers retrancheniens et de brusquer *l’assaut avant l’entier déploiement de la droite ennemie.
Junot eut ordre de renforcer Poniatowski, Davout et Ney de se glis-ser entre la flèche et les bois pour déborder la gauche de Bagration ,Friant d’emporter la flèche, Murat de lier Ney et Friant au moyen ducorps de Nansouty et de faire passer à la gauche de Latour-Maubourg,Montbrun pour escalader la grande batterie que le vice-roi devait abor-der de front.
Le pas de charge retentit depuis Ustiza jusqu’à Borodino. L’ailedroite prit l’ascendant; Davout, Ney, Nansouty, firent plier Bagration ,Friant enleva bravement la flèche, puis, sans s’arrêter, il passa le ravinet se rendit maître de Semenowskoi. Mais on échoua encore devant lafatale batterie du centre. Comme Montbrun s'élançait au galop un bouletl’atteignit mortellement, sa troupe s’arrêta et le vice-roi se borna à sou-tenir contre les Russes un feu violent.
Dans cet instant critique, Napoléon songeait à faire avancer la gardelorsqu’on apprit qu’une nombreuse cavalerie débouchait de la Koloczasur le flanc gauche de l’armée d’Italie, les premiers rangs pliaient de-vant elle, et toute l’aile gauche était en alarme. A cette nouvelle Napo-léon suspendit le mouvement général et fit passer au vice-roi une divi-sion de renfort. Mais on comprit bientôt que ce n’était qu’une alertedont Kutusof avait profité pour mettre en première ligne des troupesfraîches et préparer un dernier effort.
On le prévint en se portant contre la grande redoute. Les cuirassiersde Montbrun, commandés par Caulaincourt, s’y précipitent; soutenuspar le feu d’une batterie de 80 pièces, qui les lient avec Friant, ils per-cent les lignes du centre, renversent tout sous leurs pas, entrent dansles retranchemens par la gorge, sabrent les canonniers et s’emparent des