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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
pièces. Les batteries de Gorki se tournent contre eux, ils sont criblés deboulets, leur général succombe, ils vont abandonner leur fatale con-quête, lorsque Eugène, après s’être établi sur le mamelon, escalade lesparapets du côté opposé et pénètre enfin dans la redoute pour ne plusen sortir.
U était temps, les masses ennemies sc ruaient sur Semcnowskoi.Friant forme un de ses régimens en carré, les autres restent en réserveparmi les débris du village, la batterie de 80 pièces commence un feuroulant. Latour-Maubourg est derrière elle. Nansouty à droite, la divi-sion Roguet de la jeune garde en arrière, s’avancent pour le soutenirau besoin. Le choc est effroyable, on se mêle, l’infanterie russe reçoitla mitraille à bout portant, la cavalerie fond sur le carré de Friandqui reste inébranlable. Cependant les colonnes de Davout et Ney con-tinuent leurs progrès sous le feu redoublé des canons de Bagration .Depuis le bois jusqu’à la grande redoute on croise la baïonnette et septcents pièces ouvrent, dans ces rangs confondus, d’horribles sillons.Enfin les Français triomphent. Ney qui doit être salué du titre de princede la Moscowa, Ney frappe au cœur la gauche, y fait une large trouéeet les Russes sanglans, mutilés s’éloignent pour se reformer derrière leravin qui se jette près de Gorki dans la Stronizza.
L’empereur fut alors vivement sollicité de faire donner la garde qui,jusque-là, n’avait pas brûlé une amorce. U s’y refusa, ne sachant si lelendemain il ne faudrait pas livrer une seconde bataille. Il renonça, nonsans regret, à attaquer Gorki, et satisfait d’avoir condamné les ennemisà s’entasser, sous le feu de son artillerie, dans une position où il leurétait impossible de se déployer, il borna là sa victoire et il les fit canon-ner jusqu’à la nuit.
Ce fut alors que Kutusof; informé de l’énormité de ses pertes, fitbattre la retraite. Il avait 5 o,ooo hommes hors de combat, les Fran-çais 20,000.
Les vaincus abattus, consternés, ne purent se raffermir en avant deMoscou . On les suivait de près. Junot était resté à la garde des blessés.Le vice-roi en longeant la rive gauche de la Moskowa, Poniatowski parVercia et la route du sud, les autres corps par celle de Smolensk arri-vèrent sous les murs de l’ancienne capitale de la Moscovie , sans autreengagement qu’une courte affaire d’avant-garde à Mojaïsk .
Kutusof ne l’avait pas entièrement évacuée lorsque Murat et Eugènese présentèrent aux portes de l’ouest et du nord. Pour éviter de grandsdésastres, ils suspendirent un moment les hostilités: puis, lorsque les der-nières colonnes ennemies eurent disparu à l’est, dans la direction deKolomna , ils prirent possession de cette immense ville, A la vue de ses