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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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m GUERRES DE LA REVOLUTION.

vait que, terme moyen, les grands froids n’arrivent pas avant la fin dedécembre. Rien ne semblait donc imposer la nécessite de rentrer en opé-rations avant d’avoir pourvu au salut des blessés, des malades, avantd’avoir vigoureusement réorganisé les combattans.

Enfin, un mois et cinq jours après l’occupation de Moscou , com-mença la mémorable retraite dont les désastres ont amené la coalitiondans Paris .

La première difficulté à vaincre était de déborder Kutusof qui tournaitle dos au Niémen et de placer le front des deux armées en sens inverse.Elles étaient à-peu-près égales en nombre (80 à too,ooo). Mais la grande-armée, d’ordinaire si mobile , avait été obligée d’appesantir sa marchepour escorter une innombrable file de voitures transportant des vivres,des munitions, des blessés, des malades et les familles françaises qu’onavait trouvées à Moscou . La cavalerie avait souffert et les attelages étaientdans un déplorable affaiblissement. Les Russes , au contraire, avaientmis le temps à profit pour réparer leurs pertes. Déjà , ils s’étaient crusassez forts pour déboucher du camp de Taroutin et attaquer, au méprisd’une suspension d’armes, les cantonncmens de Murat à qui cette échauf-fourée avait coûté 2000 hommes et 12 pièces de canon.

Napoléon se servit de cette circonstance pour tenter de masquer sonmouvement sur Smolensk. U laissa dans le Kremlin , Mortier avec lajeune garde qui rejoignit le surlendemain, et, tandis qu’Eugène sortaitde Moscou par le chemin de Borowsk pour tourner par la gauche lecamp de Taroutin, il porta l’armée entière sur le front de Kutusof,comme s’il eût voulu le punir de son agression et lui offrir la bataille.

Parvenu à Krasnoi, il donna l’ordre au roi de Naples de se déployerdevant l’ennemi, puis, appuyant à droite, il gagna le chemin que frayaitl’armée d’Italie. Tout semblait aller à souhait : l’avant-garde du vice-roiavait déjà saisi Malo-Jaroslawetz, ville située sur les escarpemens de larive droite de la Protiva, 8 lieues plus au sud que Taroutin. Encoredeux journées de marche et l’on atteignait Kalouga , d’oii l’on espérait ga-gner Smolensk en remontant la vallée de l’Ougra que les armées n’a-vaient encore ni parcourue , ni épuisée.

Mais les partisans de l’ennemi étaient répandus sur toutes les routes.Us avaient éclairé la manœuvre du vice-roi, et Doctorof s’était mis à lecôtoyer en suivant le chemin de Taroutin à Kalouga . Quoique prévenusur la Protiva, le général russe se rabattit sur Malo-Jaroslawetz, et s’yprésenta assez nombreux pour enlever les deux bataillons qui l’occu-paient.

Eugène accourut avec le 4 ' corps, et après un combat sanglant, du-rant lequel, d’un côté, les 80,000 hommes de Kutusof, et, de l’autre,