CAMPAGNE DE 1812.’ 630
feu, prenant aux baraques du camp', donna l’éveil aux Russes . Wittgens-tein sc mit sous les armes, fit incendier la ville et livra l’assaut aux re-doutes que l’on évacuait. 11 fut encore une fois contenu, et avant l’aube,les corps français étaient en sûreté sur l’autre rive. On combattit de nou-veau pour repousser la gauche ennemie que l’on fit reculer en désordrejusqu’à Drissa. Alors on abandonna la ligne de la Dwina pour se repliersur Victor et s’appuyer sur la haute Bérésina, sur les lacs et le canal quil’unissent à la Lukomla.
Mais la nécessité de couvrir à-la-fois Wilna et la retraite de la erande-
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armée força les troupes à s’étendre. Le 6 e corps prit position à Glubokoe;le 2 % dont Oudinot reprit le commandement, s’établit à Lepel, et Victorquitta Smolensk pour se porter à Sienno,afin de lier la défense delàLukomla à celle de Witepsk .
Cette nouvelle ligne n’avait pas assez de consistance pour imposer àWittgenstein qui la fit aisément tomber. En débouchant sur Lepel, enportant son effort contre la gauche d’Oudinot, il le contraignit de pivo-ter sur sa droite et de se ranger de Bobr à Smolewiczi. Après quoi, il atta-qua et culbuta, sur le dernier point, les avant-postes de Victor ; puis il fitenlever Witepsk et se déploya, la droite en tête, menaçant de déborderOudinot et de le prévenir sur la route de Moscou . Dès ce moment, l’ailegauche fut coupée en plusieurs tronçons.
A droite, les opérations furent plus désastreuses. Lorsque Tschichagofapprit l’évacuation de Moscou , il laissa dans ses cantonnemens 3o,ooohommes sous les ordres de Sacken pour tenir en échec le corps austro-saxon , et avec 3o,ooo hommes, il s’ébranla par Slonim et Neswieh dansle dessein de saisir Minsk , de s’emparer des riches magasins qui devaientravitailler l’armée en retraite.
Rien ne lui fit obstacle jusqu’au Niémen , où il se heurta contre lesavant-postes de la garnison de Minsk qu’il replia sans peine. Il entraavec non moins de facilité dans cette ville, dont le gouverneur se laissasurprendre' sans songer à appeler à son aide les renforts qu’il avait detous côtés à sa portée.
Cependant Schwarzenberg déboucha la gauche en tête de Bialistock,paraissant vouloir s’élancer par Slonim à la suite de l’amiral. Les Saxonstenaient déjà Wolkowisk, lorsque Sacken sortit par Lapenitza de la fo-rêt de Bialowèse, le déposta et le poursuivit jusqu’à la Rossa. Mais,comme il se disposait à franchir cette rivière, les Autrichiens survin-rent par la chaussée, le battirent complètement et le rejetèrent dans lesdéfilés de la forêt. La route de Minsk était ouverte, Schwarzenberg n’a-vait qu’à pousser à Tschichagof, il lui eût arraché sa conquête, il l’eûtmené lepée dans les reins, il l’eût anéanti aux bords de la Bérésina. II