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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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m GUERRES DE LA REVOLUTION,

à 20 degrés et dans les quatre jours suivans jusqu’à 26. La plupart descorps achevèrent de se désorganiser.

Le 5 , le quartier général étant à Smorgoni, Napoléon réunit seslieu-tenans et leur annonça le dessein de se rendre à Paris . Il remit le comman-dement au roi de Naples, lui prescrivit de rallier l’armée sur le Niémen ,puis, à l’entrée de la nuit, il partit pour Wilna. Quatorze jours après, ilétait aux Tuileries , ranimait les fidélités ébranlées et commençait les ap-prêts d’une nouvelle campagne.

Murat fut impuissant à répondre à la confiance de l’empereur. Le froidet le désordre allaient croissant : 10,000 hommes sortis de Wilna pourraffermir l’armée, furent presque tous moissonnés en une seule nuit.Les ressources amoncelées dans cette ville échappèrent encore. On y ar-riva pêle-mêle, affamé , il fut impossible de régler les distributions. Onpilla , on détruisit les magasins ; puis, à l’approche des Russes , on pritl’épouvante.

Ils arrivaient en trois colonnes : Wittgenstein par la rive droite de laWilia, l’amiral par la route de Borisof, Kutusof par celle d’Usza. Lesdeux premiers parurent en même temps autour de Wilna, et, aux pre-miers houras des cosaques, tout s’enfuit : les uns sur Olita, les autressur Kowno. Murat porta le quartier général à Kœnigsberg . Ney seul, à latête de l’arrière-garde, conserva sa noble contenance, il fit le coup defusil dans les rues de Wilna et se retira toujours en combattant jusqu’àKowno . On abandonna 10,000 traîneurs qui furent impitoyablementmassacrés. Ce fut le dernier exploit des Russes , le froid les força de s’ar-rêter à peine moins maltraités que l’armée française.

Wittgenstein conserva toutefois assez de nerf pour se porter, parRossiena , sur le flanc de l’extrême gauche qui, depuis long-temps, étaiten dehors des mouvemens généraux. Macdonald, après être resté sur laDwina pendant la retraite, se rapprochait enfin du Niémen . Arrivé avecla division française à Pikuponen, il se heurta contre l’avant-garderusse, la culbuta, poussa jusqu’à Tilsit d’où il dut encore chasser quel-ques cosaques, et fit halte pour attendre les deux divisions prussiennes.Mais il apprit bientôt que leur général, York, ayant rencontré Witt-genstein à Traurogen, avait traité avec lui et lui livrait son corpsd’armée.

Cette défection mit le comble aux désastres des Français , elle les força,d évacuer Tilsit, Kœnigsberg et de se retirer sur la Yistule. Murat jetaenviron 100,000 hommes, y compris les Autrichiens, dans les places de-puis Varsovie jusqu’à Dantzig, puis il porta le quartier général à Posen et laissa le commandement au vice-roi qui réunit autour de lui 12,000pombattans , faible noyau de l’armée active.