CAMPAGNE DE 1813.
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pour renforcer le vice-roi, assistèrent à la formation des milices qu’ilsdevaient bientôt combattre. Ce fut au cri de liberté que les peuple»d’outre-Rhin aiguisèrentleurs armes, et ce mot de ralliement contre ladomination impériale retentit jusqu’au sein de la France , où il trouvaplus d’un écho.
Cette explosion était toute naturelle en Allemagne : occupée militaire-ment , contrainte dans ses relations commerciales, dans ses habitudes ,elle avait le droit de crier à l’oppression, quelles que fussent pour l’avenirles conséquences desévènemens dont elle souffrait. Mais comment la France vit-elle sans émotion s’écrouler l’édifice de sa grandeur? Comment cette na-tion énergique, si prompte àse soulever contre l’étranger, vit-elle avec in-différence les coalisés s’avancer pas à pas du Niémen aux bords de la Seine ?
Nous avons indiqué comment les questions de réformation intérieurefurent transformées en question de guerre, comment le gouvernement néde la révolution fut amené à la forme dictatoriale, comment Napoléonfut investi de ce pouvoir suprême, identique dans son origine avec lesvœux de tout un peuple. Mais toute dictature est essentiellement péris-sable. Plus ses succès ont d’éclat, plus elle inspire de sécurité auxcroyances, aux idées qu’elle défend, plus la nécessité devient probléma-tique; puis de nouvelles générations surviennent qui la prennent enhaine à l’égal du despotisme, sans examiner si elle n’a pas été instituéepour sauver la liberté. Toute dictature aussi tend à se'perpétuer. Il n’estpas de notre sujet de rechercher si le génie de Napoléon s’est élevé audessus de la loi commune, ou s’il ne s’était point habitué à considérercomme absolues les formes auxquelles il avait été entraîné à façonner lasociété.
Quoi qu’il en soit, depuis plusieurs années, des hommes que la posté-rité jugera peut-être sévèrement, mais sur qui les contemporains ont étédivisés, préparaient sa chute, secondés par l’impatience des jeunes gé-nérations. L’Europe épiait cette disposition des esprits : elle entrevit avecjoie l’occasion de séparer enfin les armées, de la masse nationale. Elle re-nonça en apparence aux desseins qu’elle n’avait pas craint de divulguerdans ses déclarations de 1791 et dans le manifeste du duc de Brunswick.Elle eut l’habileté d’aller chercher dans l’exil un illustre général de la ré-publique, pour le montrer à ses anciens frères d’armes comme gage d’unetransaction. Elle applaudit à la constitution démocratique des Cortès,elle se prit d’une grande tendresse pour la France, pour les libertés fran-çaises ; on eut dit que 89 était passé dans le camp de Pilnitz. Enfin, elleréduisit ses prétentions au renversement de Napoléon, de l’ennemi com-mun. La fortune se déclara pour elle ; les soldats périrent, les citoyensacceptèrent de l’étranger leur prétendu affranchissement, et les
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