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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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450 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

grands corps de l’état livrèrent aux coalisés Paris et la personne de

l’empereur.

Malgré les immenses pertes de la grande-armée, les Russes étaienthors d’état de rien entreprendre. L’hiver ne lesavait point ménagés, et illeur restait à peine,en première ligne, 5 o,ooo combattans. Si l’expéditioneût eu pour mobile non la volonté d’un conquérant, mais une réactionunanime des peuples civilisés sur lesenvaliissemens de la barbarie, on eûtconservé l’initiative, et ils eussent été impuissans à couvrir leur secondecapitale. Le temps n’était pas encore venu.

Il y avait déjà à Posen 3 o,ooo baïonnettes; les renforts arrivaient detoutes parts. L’armée d’Espagne fournissait sa vieille cavalerie, les divi-sions stationnées en Illyrie traversaient leTyrol, le sénat décrétait, outrede nouvelles levées, la mobilisation de 100 cohortes de la garde natio-nale, imposante réserve qu’on avait mise sur pied à l’ouverture de lacampagne précédente. Toutes ces forces eussent atteint la Vistule , si l’in-fidélité des alliés n’eût livré aux Russes les deux premières lignes de dé-fense du vice-roi.

Le général prussien Bulovv ouvrit ses rangs à Witlgenstein qui, ayantpassé la Vistule au-dessus de Dantzig , se porta sur le Bas-Oder. Dans lesmême temps, l’Autriche fit une déclaration de neutralité armée, etSchwarzenberg, après avoir remis Varsovie à i 5 ou 20,000Russes , con-duisit à Craeovie ses 3 o,ooo hommes. Il entraîna le corps polonais qu’ilobligea de traverser sans armes la Gallicie , pour regagner le Haut-Oder.Reynier se replia sur Kalisch, d’où il fut déposté à la suite d’un vif etglorieux engagement. Les Russes débordèrent alors les deux flancs duvice-roi qui fut obligé d’ordonner la retraite. Ses colonnes, dénuées decavalerie, gagnèrent péniblement la Spréeet cherchèrent à tenir bon|: lecorps principal à Kœpenick, le centre à Luhheu, la droite à Rautzen.Mais Wittgenstein ayant passé l'Oder entre Francfort et Custrin , conti-nua à côtoyer l’extrême gauche et se présenta aux portes de Berlin , où ilfut accueilli en libérateur. L’armée française abandonna cette capitale etla Sprée pour se former en arrière de l’Elbe . Le vice-roi s’établit à Wit-tenberg et rallia lescorps de Lauriston ( 5 e , i 5 ooo) Victor (a% 5 ooo) Da-voul ( 1" 20,000) qui s’organisaient de Magdeburg à Dresde . Tout le fleuveétait défendu; deux délachemcns, sous Joseph Morand et Carra Saint-Cyroccupaient la Poméranie et Hambourg . On n’avait évacué ni les places del’Oder, ni celles de la Vistule et le premier succès pouvait reporter l’ar-mée au cœur de la Pologne .

Cependant le roi de Prusse avait signé avec le czar un traité d’allianceoffensive et défensive qui mettait à la disposition du dernier près de 100,000hommes. On forma deux armées actives : l’une de 53 ,000 hommes sous