454 GUERRES DE LA REVOLUTION.
Pour expliquer cette attaque soudaine il faut se reporter aux dernièresmanœuvres de Wittgenstein contre l’aile droite du vicè-roi. Tandis quece prince, en dernier lieu, revenait sur la Haute-Saale, le général russe,laissant devant Magdeburg le corps prussien de Bulow, traversa Leip-zig, fit sa jonction sur l’Elster avec Blucher, prit le commandementen chef, déploya ses forces de Leipzig à Zeitz et les porta en avant,la gauche en tète, pour déborder le vice-roi et gagner la Thuringe .
Ce mouvement était bien conçu ; il eût rejeté toutes les troupes enligne sur la Basse-Westphalie qui était, dans le meme temps, ravagéepar des nuées de cosaques. Mais l’apparition inopinée de la grande-ar-mée, au moment où la droite des coalisés débouchait de Weissenfels ;mais les combats des 3 o avril et 1 er mai déjouèrent les projets de Witt-genstein, lui annoncèrent la présence de l’empereur et la jonction descorps qu’il espérait séparer, Cependant il prit une audacieuse résolution:ce fut de refuser sa droite (/ 5 ,ooo), d’attirer ses adversaires sur la routeoù ils s’étaient engagés et de se jeter sur leur flanc droit : son centre(80,000) prit la route de Dresde à Lutzen : sa droite (12,000) cellede Stossen. Il se flattait encore de les surprendre, de les couper en plu-sieurs parties. La faiblesse de la cavalerie française lui avait permis de dé-rober les apprêts de cette habile combinaison qui eût réussi contre d’au-tres troupes et d’autres généraux.
La bataille, que l’empereur allait chercher aux portes de Leipzig , luiétait donc offerte sur le terrain même où il avait passé la nuit. Il fut enmesure. Ney courut à son corps d’arrnée, les autres généraux firent halte,front, puis obliquèrent, Macdonald à droite, Marmont et Bertrand àgauche, pour s’aligner sur le village de Kaya. Oudinot se porta surStossen au-devant de la gauche de l’ennemi. Victor et Lauriston étaientdéjà aux prises avec sa droite. Par ces dispositions Napoléon faisait deKaya la clef du champ de bataille et s’imposait la nécessité d’en restermaître; il s’en rapprocha avec la garde et la cavalerie. Pendant que cesmouvemens s’opéraient, Ney soutint seul le poids des masses de l’ennemi.Lo vieux Blucher, dont le nom va souvent reparaître, personnificationde ces haines nationales que les révolutions font naître et que le tempsefface, Blucher, à la tète d’une division et d’un corps de cavalerie, avaitengagé l’action avec une ardeur qui témoignait de l’élan des Prussiens.
Les quatre villages sont disposés en losange; sur la route à 1200"toises l’un de l’autre, d’abord en venant de [Dresde Gros-Gœrschen,puis Kaya : des deux côtés Klein-Gœrsclien et Raima l’un à droite l’autre' à gauche, distans d’environ 700 toises.
Au premier choc Souham , repoussé de Gros-Gœrschen, se replia surla seconde division qui occupait Klein-Gœrschen et Raima, là il tînt bon