CAMPAGNE DE 1813. 457
Avant d’engager une affaire générale, l’empereur fil halte à Dresde ,organisa les Saxons, incorpora les renforts arrivant de l’intérieur, etporta l’armée active à i 5 o,oob hommes y compris i 5 ,ooo chevaux.Les alliés étaient au nombre de 160,000 dont 3 o à 4 o,ooo de cava-lerie. Cette masse imposante, la gauche appuyée aux montagnes de laBohême, la droite aux contours de la Sprée , était couverte de frontpar une double ligne de défense. D’abord la Sprée , rivière aux rivesmarécageuses et la ville de Bautzen ; puis 3 ooo toises plus loin un demi-cercle de retranchemens et de redoutes, tracé depuis Preititz jusqu’àHochkirch. L’empereur de Russie avait pris le commandement en chef.
La position était belle ; si le camp semblait plus accessible par ladroite, la supériorité numérique permettait de combler l’interstice aumoyen d’une barrière de baïonnettes. 3 o,ooo sous York et Barclay s’yétaient rangées. Bientôt on leur signala l’approche de Lauriston qui dé-bouchait d’Hoyerswerda pour s’établir sur la Sprée . Ils prirent résolû-ment l’initiative, et coururent en deux colonnes à la rencontre du corpsfrançais. Barclay surprit à Kœnigswartha et défit la division de droite.Mais York se heurta, dans Weissig, contre Lauriston en personne quile culbuta et détermina la retraite générale au-delà de la rivière.
Cet engagement mit Alexandre en émoi et, lorsque le lendemain, ilvit sur son front la grande-armée se déployer pour une attaque directe;lorsqu’il vit les vainqueurs de la veille rester immobiles, il crut queleur mouvement n’était qu’une démonstration et que Napoléon voulaittourner le camp par la gauche. Aussitôt il se disposa à le défendre opi-niâtrément.
Lauriston avait en effet donné le signal d’une action générale. Mac-donald soutenu par la garde, marcha droit au pont de Bautzen que leczar, dans l’idée de reprendre l’offensive, n’avait point détruit. Oudi-not à droite, Marmont puis Bertrand à gauche, s’avancèrent pour fran-chir la Sprée en même temps que le 11° corps.
Cette opération s’exécuta avec une rare vigueur: les quatre colon-nes débordèrent à-la-fois de tous côtés, enlevèrent la ville de Bautzen qu’on avait crénelée et retranchée, enfoncèrent d’abord la première ligneennemie, puis les renforts qui survinrent, puis la cavalerie qui, à olu-sieurs reprises, vint se briser contre leurs baïonnettes. Le combat durajusqu’à sept heures. Eu ce moment, Bertrand s’appuyait par la gauche à3 ooo toises au-dessus de Bautzen , le centre à peu de distance de la ville,était à cheval sur la route de Wurschen, enfin Qudinot prolongeait ladroite sur des mamelons boisés qui joignent le camp aux montagnes dela Bohême, comme s’il eût voulu déborder Hochkirch .
Cette disposition oblique, l’ardeur du 12 e corps, confirmèrent