458 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Alexandre dans l’opinion qu’il s’était faite du plan de Napoléon . Sonattention se porta principalement sur sa gauche: il y plaça Milorado-wich et une division de réserve. U chargea Blucher de couvrir la routede Wurschen, Barclay celle de Kœnigswartha .
Le jour suivant, à l’aube, Oudinot ouvrant le feu couronna les hau-teurs que défendaient les avant-postes ennemis. Miloradowich donnatout entier et le fit reculer; mais l’intervention de Macdonald lui renditavec l’ascendant les positions perdues. Cependant la canonnade s’en-gageait vivement sur toute la ligne et la vivacité du combat que sou-tenait sa gauche tenait en suspens le czar, lorsqu’on lui annonça queBarclay venait d’être culbuté aux bords de la Sprée , qu’il plie en dé-sordre sous le poids de forces supérieures, qu’il n’a pu se raffermir àPreititz, que ses colonnes évacuent le village, qu’enfiu l’entrée du campest forcée.
Ces nouvelles dessillent les yeux d’Alexandre; il comprend qu’il a prisle change sur le vrai point d’attaque et que ce n’est point Lauristonqui seul a pu rompre son aile droite. En effet, le 3 " corps est suivi du5 “ corps et de l’armée saxonne. Cette formidable colonne (6o,ooo) estcommandée par Ney qui, après avoir simulé un mouvement sur Berlin a été relevé à Luckau par Victor et s’est rabattu à grands pas sur lechamp de bataille. Il a l’ordre de pointer sur Hochkirch et s’il exécute samission avec l’impétuosité dont il a donné tant de preuves, c’en estfait de l’armée coalisée.
Par malheur la division d’avant-garde, Souham , avait seul saisi Prei-titz Lauriston et Reynier (24,000) étaient en retard, et le maréchal crai-gnant de s’aventurer au milieu des masses de l’ennemi sans avoirgroupé toutes ses forces, fit halte pour les attendre. Sa prudence sauvale czar. Les réserves s’élancèrent au secours de Barclay qui reprit Prei-titz, Blucher s’étendit par sa droite; de sorte que lorsque Reynier eutrejoint, Ney, au lieu de percer au-delà de la ligne de retraite fut obligéde batailler. Il enleva de nouveau Preititz, il contint Blucher , mais lemouvement qui devait assurer une victoire décisive fut manqué. Cepen-dant Napoléon mit à profit l’affaiblissement du centre pour emporterle camp; il fonça par les routes de Wurschen et de Lauban avec les4 e et 6° corps soutenus par la garde, il fit entre les deux ailes de sonadversaire une large trouée, s’y établit et, les menaçant à revers,'obligea l’armée entière à battre en retraite. Elle recula sans désordre,Miloradowich sur Lauban, Blucher et Barclay sur Gœrlitz . Sa vaillantecavalerie la préserva d’autres pertes que celles du champ de bataillequi, de part et d’autre, furent énormes. U y eut hors de combat 18,000coalisés et 20,000 Français .