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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

de près de 3 o,ooo hommes et de go canons, il lui restait à peine60,000 hommes qui plièrent décourages sous le faix de l’armée victo-rieuse.

Cependant Napoléon était aux prises sous les murs de Dresde où ilfut sur le point de tout réparer. Arrivé le 25 août au soir à Stolpen d’où il avait dessein de commencer ses opérations par le camp de Pirna ,il apprit que dans cette même journée la droite et le centre des alliéss’étaient déployés autour de Dresde , qu’ils n’attendaient plus que lagauche (Klcnau) pour donner l’assaut; que Saint-Cyr était aux abois;qu’enlm la place ne pouvait pas tenir vingt-quatre heures.

Vingt-quatre heures ! et il fallait trois jours pour défiler sur les der-rières de l’ennemi. Napoléon dut alors amèrement regretter le tempsqu’il avait perdu à poursuivre vainement Blucher. Toutefois, il ne re-nonça point à l’espoir de frapper à mort la grande armée combinée ; ilconfia au premier corps la mission qu’il avait d’abord destinée àtoutes ses troupes, celle de couronner les montagnes de la Bohême etd’en occuper tous les cols. « C’est à Vandamme, s’écria-l-il, à ramasserl’épée des vaincus. » Dosa personne, dans la matinée du 26, il entra àDresde , successivement suivi par la garde, une partie de l’infanterie deVictor , et la brillante cavalerie de Latour-Maubourg.

U était temps; les alliés impatiens du retard de Klcnau, décidés à neplus l’attendre, s’étaient mis en bataille de Gruna à Plauen . A la vue dusecours qui défilait dans la place, ils résolurent de brusquer l’attaque.Us s’emparèrent des faubourgs; ils parvinrent à la vieille enceinte de laville. Ils n’avaient plus qu’à enfoncer les portes et à pousser jusqu’aucentre leurs épaisses colonnes. Us s’y préparaient, lorsque tout-à-couples portes de Pirna et de Plauen s’ouvrent devant eux. Le pas de chargeretentit, les bataillons de la garde, le iZj’ corps s’élancent furieux, frap-pent d’effroi l’ennemi qui se croyait déjà sûr de la victoire, et le refou-lent dans les positions où il s’était formé.

Dans le même temps, Vandamme, débouchant de Kœnigstein , enleval’épée à la main le camp de Pirna . A la nuit, Victor, Marmont, Kel-lermann rejoignirent l’empereur et portèrent ses forces à 100,000hommes.

Le lendemain éclaira la bataille de Dresde , dernier éclat d’une puis-sance trahie par la fortune.

Klcnau, toujours en arrière, laissait entre la chaussée de Freyberg etl’Elbè' un vide que comblait imparfaitement son avant-garde et le corpsautrichien de Gyulai. Son entrée en ligne devait compléter l’aile gauchequi était séparée du centre parle ravin de la Weisseritz.