CAMPAGNE DE 1813. 465
Cependant Davout poussa jusqu’à Schwerin , et Girard, sortant deMagdeburg , culbuta un rideau de cosaques et s’avança jusqu’à Lœb-nitz; mais la droite de Bernadotte l’assaillit de front, tandis que lescosaques harcelaient ses flancs, et il fut repoussé, non sans perte, dansla forteresse.
On échouait; toutefois rien n’était compromis et le péril était àDresde. Napoléon y courut; Yandamme sc porta sur Stolpen ; Victor,la garde, Kellermann, Latour-Maubourg, Marmont , suivirent le mou-vement à pas redoublés.
A peine la contre-marche était-elle commencée que Blucher , pourreprendre l’offensive, se concentra au confluent de la Katzbach et de laWuthende-Neisse. Macdonald était chargé de le contenir avec les 3 e , 5°,il* corps et le 2 ° de cavalerie (86,ooo).
Le maréchal, sans s’arrêter à ses instructions , croyant son adversaireen pleine retraite, prit sur lui de le poursuivre jusqu’à l’Oder . Jamais nobledétermination ne fut plus malencontreuse. Ney avait été appelé augrand quartier général, et par une erreur dont on était promptementrevenu, son corps d’armée l’avait d’abord suivi. Commandé par Sou-ham, il rejoignit Macdonald, mais il n’était pas en ligne lorsqu’il eûtété temps encore de s’emparer de l’initiative. Pour forcer l’ennemi àprolonger sa marche rétrograde on crut qu’il suffisait de pousser vigou-reusement l’arrière-garde et de déborder la route que suivait le corpsde bataille. La gauche (3°), le centre (i I e ), eurent ordre de déboucherde la Katzbach en éventail par les deux rives de la Neisse , la droite (5 e ) des’étendre par Schongau dans la direction de Jauer où l’on conjecturait queBlucher devait encore se trouver.
Combinaison funeste ! le centre passant la Katzbach au-dessus de laNeisse se heurta contre la masse de l’armée ennemie; malgré sa sur-prise, il fit bonne contenance, mais que pouvait-il contre le nombre? ilfut écrasé, jeté dans les deux cours d’eau, et l’intervention de Souham qui se dirigea résolument sur le canon le sauva seul d’une entière des-truction.
Tout semblait conjuré contre les Français: pendant le combat unepluie à torrens gonfla les rivières, elles sortirent de leur lit, rompirentles ponts et ne laissèrent plus de retraite à Tannée battue que parBuntzlau. Les trois corps s’y dirigèrent, mais la division d’extrême droitePuthod), n’ayant pu rallier le 5 e corps, chercha vainement un passage- àHirschberg; obligée de se rabattre sur Lœwenberg, elle fut entourée parl’ennemi et, malgré ses courageux efforts pour se faire jour, elle dé-posa les armes.
Cette perte, celles du champ de bataille, affaiblirent Macdonald
CO