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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1813.

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les mêmes positions que l’avant-veillc. Jamais scènes de destruction ne fu-rent plus effrayantes. Schwartzcnbcrg donna par masses, et lorsque sespremières lignes curent épuisé leur sang, il les remplaça par des troupesfraîches. Malgré ses avantages immenses, tout ce qu’il put gagner durantun jour entier, fut de resserrer les positions françaises. La droite s’ap-puya aux murs de Leipzig et le village de Probstheida devint le pointle plus saillant de la défense. On donna pour l’enlever d’inutiles assauts,dont l’effet fut de ralentir l’ardeur de l’attaque. Victor, Lauriston, cru-rent un moment pouvoir la ressaisir ; ils débouchèrent et si toutes lesréserves les eussent secondés , peut être eût-on vu changer la face ducombat, mais il avait fallu en disposer pour conjurer un désastreinouï.

Le 7' corps composé de Saxons qui depuis l’ouverture de la campagne,avaient combattu avec nous malgré eux et comme enchaînés par lavolonté de leur souverain, formait la droite de Ney et liait le maré-chal à l’empereur. Il était échelonné sur la route d’Eilenburg. Lepremier rang occupant Taucha . Dès le matin, il céda ce village àBernndotte et se replia de poste en poste jusqu’au sommet d’un ma-melon à moitié chemin de Leipzig , d’où l’on commande toute laplaine. Là, comme la cavalerie se disposait à charger, les Saxons cou-rurent au-devant d’elle, firent faceen arrière, et tournèrent leurs canonscontre les Français .

A cette nouvelle, il y eut autour de l’empereur un cri d’indignation ;on crut un instant que le mal était sans remède, mais cette lâchedéfection n’eut pour le moment aucune suite fâcheuse, le 3' corps,en appuyant à droite, referma la trouée et le combat continua avecla meme fermeté. Cependant lorsque le jour finit on avait perdu tout l’es-pace entre Taucha et Leipzig .

« Ces deux terribles journées, que l’histoire appellera des journées de« géans, avaient coûté à l’ennemi 5o,ooo hommes de ses meilleures« troupes, et autant aux Français , mais la différence des forces avait« sensiblement diminué au désavantage de ceux-ci et une troisième« bataille se présentait avec des chances beaucoup trop défavorables« pour être livrée; d’ailleurs on se trouvait à bout de munitions; les« parcs n’offraient plus que iG,ooo coups : on en avait tiré 220,000« dans les deux batailles. Il fallut de nécessité ordonner la retraite : elle« se commença à la nuit sur Leipzig . »

Napoléon donna l’ordre de construire trois ponts sur l’Elster pourfaciliter l’écoulement des troupes au-dessus de Leipzig ; mais dans laconfusion ordinaire qui règne à l’état major à la suite de semblables