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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION:

ver l’affront que leurs armes avaient essuyé devant le château deBurgos, les désastres de Moscou détruisirent toutes les chances desuccès qui restaient aux français dans la Péninsule. La jeune garde,la cavalerie, Soult lui-même partirent pour le nord de l’Allemagne .Joseph prit en personne le commandement de l’armée dont Jour-dan était encore major-géncral et qui se trouva réduite à 72,000 hom-mes.

Wcllinglou, au contraire, pouvait lancer en avant : au centre 60,000Anglo-Portugais; à droite et à gauche, dans Léon et la Nouvelle-Castille,4 o,ooo Espagnols , non compris les guérillas. On n’avait pas eu, en 1808,déplus graves motifs pour se replier sur l’Ebrc ; mais le vain désir de con-server dans Madrid une ombre de royauté retint l’armée en colonne al-longée depuis les Pyrénées jusqu’au Page. Wellington était assez nom-breux pour saper scs échelons par leur base et pour mener brusquementà fin cette dernière campagne. Vers le milieu de mai, lorsque la longueinaction des Français l’eût enfin convaincu qu’ils étaient réduits à la dé-fensive, il déboucha par Salamanque en même temps que son aile gauche,franchissant le Duero près de la frontière portugaise, ouvrit la commu-nication avec les Galiciens, et se dirigea vers Zamora et Toro. Ce mouve-ment de flanc était irrésistible : les divisions françaises , évacuant à lahâte Salamanque, Madrid, Valladolid, cherchèrent à faire halte à Burgos .Mais Wellington, appuyant toujours à gauche, traversa Palcncia pour s’é-tendre sur la Pisuerga. On craignit d’être préveuu sur l’Ebre ; on fitsauter ce fort de glorieux souvenir, et l’on se forma en demi-cercle, l’ailedroite sous Foy (r 2,000) en Biscaye , le centre de Miranda-de-Ebro àPancorbo ( 45 ,ooo) sous Joseph en personne; la gauche sous Clausel( i 5 ,ooo) à Logrofio.

Cette ligue était à-peu-près la même qu’on avait prise, il y avait quatreans. En s’y renfermant, dès les premiers jours de l’année, on eût eu letemps de s’y fortifier et de la rendre d’un accès difficile. Mais, pressécomme on l’était, on laissa un point vulnérable que Wellington saisitd’emblée. U fit suivre par son aile droite le gros de l’armée française,puis prenant son centre et sa gauche, il les jeta au-delà de l’Ebrc parSaint-Martin et Fuentès-dc-Arenas, et s’établit dans l’ouverture entreJoseph et Foy. Après quoi, se mettant eu bataille la droite au fleuve, lagauche au chemin qui conduit de Vittoria à Bilbao , il ébranla ses co-lonnes. Il fallut reculer encore. On avait une position indiquée par lanature des lieux : c’cst le prolongement des Pyrénées qui passe entreVittoria et Mondragon et que traverse le col de Salinas. Là, on eutbravé les efforts de l’armée victorieuse. On crut mieux faire en conser-vant Vittoria , nœud des routes qui pouvaient ramener les deux ailes sur