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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1813.

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le centre; on les rappela et l’on se mit sous les armes au risque de perdrela retraite sur Bayonne .

Les dispositions de détail ne furent pas mieux conçues que l’idée géué-rale. Les deux armées étaient séparées par une chaîne de collines au piedde laquelle coule la Zadora. Cet affluent de l’Ebre coupe, à Arganzan oùil forme un long défilé, la grande route qu’il côtoie ensuite jusqu’à sasource. On prit son cours pour front de bataille, d’où il résulte qu’on s’é-tendit démesurément parallèlement à la ligne de retraite, de sorte qu’ilsuffisait de perdre du terrain pour être refoulé sur la route de Pampe-ltme. Cette éventualité n’avait au reste rien de décisif, mais on la ren-dit désastreuse en adossant le parc et l’immense parc de voitures à unmarais qui ne laissait pour leur écoulement qu’une longue et étroitechaussée.

Le feu s’ouvrit à l’avantage des alliés; leur aile droite força le défiléd’Àrganzon, pénétra dans le champ de bataille, resserra les Français surYittoria non sans les mettre en désordre. En même temps, le centre passala Zadora, dont on avait négligé de détruire les ponts; et la gauche,abordant vivement les hauteurs, poussa jusqu’à la route de Bayonne .L’ascendant leur était acquis sur tous les points, et leur nombre, ôtant àJoseph l’espoir de rétablir le combat de manière à s’ouvrir le col de Sali-nas, on fut dans la nécessité de se retirer sur Pampelune . Au momentoù commençait l’évacuation des convois dans une direction à laquelleon eût dû se préparer d’avance, une voiture renversée obstrua la digueet causa la plus effroyable confusion. Les troupes s’échappèrent et ne fu-rent même pas poursuivies; mais 120 canons, 4000 caissons, le trésor del’armée, i 5 oo voitures, transportant la fortune des familles espagnolescompromises, furent laproie des vainqueurs. On perdit, en outre, 7 à 8000hommes tués ou prisonniers. L’armée, sans s’arrêter à Pampelune , se hâtade passer les Pyrénées . Clausel arriva le soir même de la bataille à Yit-toria, où douze heures plus tôt sa présence eût été décisive; il rebroussachemin précipitamment et se rendit à Sara gosse d’où il gagna la frontière.Foy se fit joui', l’épée à la main, par Tolosa et Irun .

L évacuation de l’Espagne , la présence de l’année victorieuse sur laBidassoa au moment où l’on allait traiter à Prague de la paix du monde,eurent une influence incontestable sur la détermination des souverains dunord. Napoléon en fut ému; il nomma Soult général en chef, il disposa ensa faveur de 5ooo conscrits, il lui prescrivit de ne rien négliger pourrentrer dans ce royaume qui lui échappait au moment où son aban-don voloutaire eût permis de disposer de 20,000 vieux soldats pourla défense de la France .

Cependant les alliés se déployèrent sur la frontière, prirent le fort de

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