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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 18 là: à 87

roi de Prusse, prit ses cantonnemens entre le Mayn et la frontière suisse ( 3 oo,ooo).

Toutes ces forces, déduction faite de ce qui restait au siège des pla-ces sur le Rhin , présentaient un effectif de 400,000 hommes, dont80,000 hommes de cavalerie : 200,000 autres s’échelonnèrent, duRhin à la fistule, autour des forteresses où flottait encore le dra-peau français .

Les débris ramenés de Leipzig avaient été dévorés par la contagion;à peine restait-il à opposer au premier choc Go,000 hommes et 12,000chevaux. Decaen , remplacé plus tard par Maison (12,000) couvraitla route d’Anvers; Macdonald, était en position de Niinègue à Cologne (18 à 20,000); Mar mont, était en présence de l’armée de Silésie (18,000); enfin Victor (10,000) occupait l’Alsace depuis Landau jusqu’àHuningue .

Trois corps de réserve: Mortier, avec la vieille garde, Ney, avec deuxdivisions de la jeune, Augereau, avec des détachemens tirés d’Espagne etdu midi, se formaient àNamur, Nancy et Lyon. Enfin Napoléon desa personne était à Paris où il organisait le peu de ressources que luioffrait la France , qui l’avait accueilli, muette, consternée, résolue àabandonner sa cause.

Malgré l’immensité de ses forces, la coalition hésita devant la bellefrontière que la nature a assignée à l’empire français.

Rernadotte était à-peu-près hors de compte; lui qui aspirait autrône de Napoléon , on l’avait condamné, pour prix de son intervention,à enlever à l’empire les conquêtes de ces armées républicaines où jadisil s’était signalé. L’invasion des anciennes provinces était confiée auxannées de Rluchcr et de Schwarzenberg. Or, après le Rhin , ces deuxgénéraux avaient à forcer les défilés des Vosges, la Sarre, la Moselle ,la Meuse , la Ilaute-Marne, toutes lignes parallèles dont chacune pou-vait être assez long-temps disputée pour que la France , se réveillant, selevât tout entière et fit respecter son territoire.

Le succès demandait une grande promptitude d’exécution ; il fallaitprofiter de la stupeur générale et pénétrer au coeur des provinces avantqu’on en fut revenu. Mais les coalisés n’étaient plus scrupuleux sur les“oyens; ils s’étaient habitués à déchirer traités et capitulations: ils vio-lèrent la neutralité de la Suisse . Cet expédient leur assura une fortebase en même temps qu’il l cur permit de tourner, par leur droite, tôu-tcs les positions, de déconcerter le plan de défense indiqué par la situa-tion des corps d’année.

Lans la nuit du 20 au 21 décembre i 8 i 3 , les colonnes autrichiennes

Schwarzenberg passèrent les ponts de Bâle et de Sehairhausen et se