CAMPAGNE DE 1814; 493
Wurtemberg fut chargé d’enlever la Gibrie, afin il’établirla communica-tion entre les deux principales colonnes d’attaque.
Malgré l’infériorité du nombre, l'année française soutint vigoureuse-ment le choc, Gyulai et Blucher ne firent aucun progrès. Cependant deWrède s’empara de La-Chaise et le prince de Wurtemberg, ayantfranchi le premier ruisseau, pénétra dans, la Gibrie. Mais un nouveleffort rétablit de ce côté le combat. Victor repoussa les Wurtembcr-geois et fut sur le point de les entasser en désordre dans la prairiemarécageuse qui borde le monticule.
A ce moment les généraux coalisés, impatiens de la longue résis-tance de cette poignée d’hommes, renforcèrent le centre de trois divi-sions de la réserve, envoyèrent au secours de Wurtemberg une autredivision et donnèrent ordre à de Wrède de mettre à profit l’amincisse-ment de Marmont qui s’était étendu jusqu’à Chaumesnil pour soutenirVictor, et de foncer sur Chaumesnil et la Gibrie.
Le résultat de ces dispositions fut de rendre l’ennemi maître deces deux derniers villages et de la Rothière; dès-lors le champ de ba-taille, ouvert de toutes parts, n’était plus tenable. Napoléon ordonnala retraite qu’il masqua au moyen d’une forte diversion sur le villagede la Rothière.
Le gros de l’armée se replia en bon ordre et passa le pont de Les-mont, où Ney resta en arrière-garde. Marmont , pour donner le changesur la direction générale, s’arrêta en avant de la Voire.
La bataille de la Rothière quoique soutenue par des troupes à-peu-prèsépuiseés n’amena pas de déroute ; les Français avaient tenu tête à desforces quadruples, ils se retirèrent avec calme , et départ et d’autreles pertes en tués, blessés et prisonniers furent à-peu-près égales ; toute-fois considérée dans ses rapports avec les évènemens généraux, cettejournée porte un caractère décisif, elle fixa la guerre dans le bassin dela Seine et donna l’offensive aux coalisés.
Wurtemberg et de Wrède suivirent l’armée française par les routesde Lesmont et de Rosnay. A l’approche du premier, Ney, après avoirfait sauter le pont, se replia sur Piney. Marmont prévint l’autre à Ros-nay où la Voire forme un îlot; on se mit à détruire le premier pont,mais avant que les poutrelles fussent enlevées un bataillon le franchit;on le chargea, on le prit, on le sabra. Cependant le corps bavaroiss’étant formé, força le passage. On se rallia derrière le second bras oùl’on se défendait victorieusement quand la cavalerie, débordant à guéla droite, il fallut plier. Bientôt de Wrède fut dirigé par Lesmont;Mai mont se mit en marche pour Arcis-sur-Aube.
Les généraux ennemis avaient reconnu que l’année française était