m GUERRES DE LA REVOLUTION.
en pleine retraite par les deux rives de l’Aube . Leur concentrationpour résister au premier choc de Napoléon , avait donc amené un pleinsuccès. Il leur restait à manœuvrer de manière «à précipiter les mou-vemens et à profiter de leur ascendant pour pénétrer jusqu’à Paris ,où l’attitude des partis leur donnait l’espérance d’une réaction poli-tique.
A ce moment York ayant dépassé Vitry, qu’il avait masqué parun détachement, marchait contre Macdonald. l)’un autre côté, les cosa-ques de Platof, soutenus par une division d’infanterie, avaient repliéle faible corps d’Alix f de Joigny à Sens et, après une tentative infruc-tueuse sur cette dernière ville, ils s’étaient jetés entre l’Yonne et leLoing.
Les coalisés pressaient donc tout à-la-fois sur l’Aube et sur laMarne avec des masses énormes, et sur l’Yonne par de forts détache-mens, le centre et les extrémités de l’armée française dont l’alignementpassait par Sens, Troyes, Arcis et Châlons . Us résolurent de dé-ployer les forces qui s’étaient, si à propos, rassemblées autour de Bar-sur-Aube et d’en disposer pour peser plus fortement encore sur lesailes, afin de déborder le centre, tout en le tenant en respect.
En conséquence Blucher partit de Brienne pour gagner Châlons parRosnay et Vésigneux, appuyer York, rallier les corps en marche deKleist et deLangeron, et écraser Macdonald. Vittgeustein, reprenantla droite de Schwarzenberg, se mit à côtoyer la rive droite de l’Aube ,précédé de sa cavalerie, qui, se postant, tour-à-tour devant Arcis etPlancy, replia Marmont d’Arcis à Méry-sur-Seine. Enfin Schwarzen-berg dirigea ses colonnes sur Troyes ; Gyulai, de Wrède et Wurtem-berg par la route de Piney; Colloredo et les réserves par celle de Bar-sur-Aube . Lorsqu’elles arrivèrent sous les murs de la ville elles trou-vèrent l’armée française en position dans les nombreux villages quil’entourent.
Au lieu d’attaquer selon l’ordre de marche, le généralissime pres-crivit un mouvement sur sa gauche qu’il masqua au moyen d’une dé-monstration sur Saint-Parre-aux-Tertrcs. Le quartier général, lesgardes, les réserves, partie du corps de Colloredo passèrent la rivièreà Bar-sur-Seine. De Wrède et Wurtemberg, soutenant la droite deColloredo s’échelonnèrent par Monstiéramey et Vandœuvre. Gyulais’établit à Gérodot; enfin Wittgenstcin, passant l’Aube , prit positionà Charmont. Par cette manœuvre, qui rentrait d’ailleurs dans l’exé-cution du plan général, Schwarzenberg menaçait de tourner Troyes par la rive gauche de la Seine dans le même temps que les fortes co-