496 GUERRES DE LA REVOLUTION.
dans la vieille enceinte de cette ville, assez long-temps pour assurerl’écoulement des convois ; puis les magistrats ayant obtenu une courtesuspension d’armes, il se mit en retraite sur Epernay où le rejoignit lagarnison de Yitry qui venait de se heurter à Bussy l’Estrée contre lafête des colonnes qui arrivaient de Brienue. York s’attacha aux pas deMacdonald. L’armée de Silésie entière manœuvrait donc sur la Marne ;mais au-dessous de Châlons les routes carrossables sont toutes sur larive gauche. Il résultait de là qu’au moment où Napoléon retenaitSchwarzenberg dans l’angle formé par l’Yonne et la Seine ,Blucbcr s’aventurait dans celui que font la Seine et la Marne . Lesdifficultés d’une contrée boisée, marécageuse , stérile, l’obligeaient àallonger ses colonnes de marche. Son flanc gauche n’était couvert quepar le ruisseau du Petit-Morin et était exposé au choc de l’armée dela Seine qui, pour l’atteindre n’avait qu’à faire une marche oblique enarrière.
En abandonnant Troyes, en repassant la Seine à Nogent, en cé-dant le terrain à Schwarzenberg, on se trouvait donc préparé, par ladisposition des lieux, à un mouvement offensif contre l’armée de Silésie .Il fallait, à la vérité, s’engager dans des chemins de traverse que lasaison rendait presque impraticables; mais Napoléon savait ce quepouvait sa présence et il n’hésita pas à lancer Marmont suivi de Ncy,puis de Mortier, au travers des défilés de la forêt de Traconne à larecherche du feld-marcchal prussien. Arrivé à Sézanne, on apprend queles coureurs de Marmont ont échangé sur les bords du Petit-Morin quel-ques coups de sabre avec des postes russes appartenant au corps d’Alsu-sief; on apprend que Macdonald a poursuivi sa retraite en se portantd’Epernay à Château-Thierry , serré de près par York, menacé d’êtredébordé par Sacken.
En effet Sackcn marchait à grands pas, par la route de Montmi-rail, pour prévenir à la Ferté-sous-Jouarre le maréchal qui réussittoutefois à le devancer. Attaqué au débouché de cette ville par l’avant-garde russe, il la contint, se mit en sûreté derrière la Marne , et fitsauter le pont de Trilport d’où il gagna Meaux .
Ainsi Sacken était à la Ferté-sous-Jouarre et dans le même tempsYork était entré à Château-Thierry , Alsusief avait fait balte à Cham-paubert; enfin Blucher n’avait pas dépassé Vertus. Ces corps étaientdisposés de la manière la plus favorable au succès du plan de Napoléon.Us étaient échelonnés à une grande distance les uns des autres et leplus faible était celui qu’on allait d’abord rencontrer.
On n’avait plus que quatre lieues à franchir, mais Marmont aprèsavoir fait quelques pas en avant, avait été arrêté par le mauvais état