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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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500 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

et d’York; il s’obstina donc à poursuivre Marmont ne doutant pasde le prendre enfin entre deux feux. Son avant-garde avait dépasséVauchamps et le corps de bataille Janvilliers quand la nouvelle atti-tude de Marmont ne lui laissa plus de doute sur la présence de l’em-pereur.

Il se dispose aussitôt à se retirer à son tour en se formant en carrés.L’infanterie court à lui par la grande route, Grouchy prend la cava-lerie , se porte à Léclielle et de là en droite ligne à Janvilliers où iltombe sur son flanc au moment où la mêlée s’engage sur son front.U est rompu, toutefois il réussit à se reformer et à se replier jusqu’àCbampaubcrt sous le feu d’une violente canonnade. Cependant Grou-cby le déborde encore, le charge en flanc et se rend maître dela chaussée. Attaqués en même temps de front, à droite, à gauche,les carrés sont rompus, la confusion devient extrême. NéanmoinsBlucher s’ouvre le passage et cherche, à la faveur de la nuit, à fairebalte à Etoges. Mais Marmont ne le laisse point respirer, malgrél’obscurité il enlève ce village et force les alliés à rétrograder jusqu’àBergères.

Dans cette courte expédition, Napoléon , en se jetant tête baisséeavec 26,000 hommes au centre de l’armée de Silésie , forte alors de80,000 combattans, détruisit le tiers de cette armée et la coupa en deuxtronçons, que séparèrent la Marne et les villes de Reims et de Châlons .Ce succès, comparable aux plus belles journées de la grande campagued’Italie, eût assuré l’anéantissement de Blucher si les circonstances 11efussent point venues de tous points à son secours. D’abord Napoléon ,rappelé sur la Seine par les progrès de Schwarzenberg, fut obligé delâcher prise, et 25,ooo hommes de l’armée du nord entrèrent inopiné-ment en ligne.

Bernadotte, sûr de contenir l’armée qui défendait la Belgique , dis-posa des corps de Winzingerode et Yoronzof pour communiquer, parla vallée de l’Oise, avec le général prussien. Us tournèrent la droite deMaison, s’emparèrent sans coup-férir, de la forteresse d’Avesnes etvinrent prendre position à Laon. De là ils marchèrent sur Soissons ,qu’ils enlevèrent au moment même où Napoléon remportait la victoirede Vauchamps et où Mortier s’apprêtait à déboucher d’Oulcby pourachever d’écraser les débris de Sacken et d’York. Leur interventionchangea au-delà de la Marne la face des affaires. La route de Paris n’étant plus couverte que par la garnison de Soissons , qui s’était réfu-giée à Compiègne , Mortier abandonna la poursuite des lieutenans deBlucher pour se porter à Viilers-Cotterets. Winzingerode, plus empresséde réparer les désastres de l’armée de Silésie que de batailler, enleva Reims