CAMPAGNE DE 1814. 517
face pour masquer et assurer sa retraite ? C’est ce que l’on s’empressade reconnaître. Ney, la cavalerie, passèrent l’Aube , pour prendre posi-tion aux grand et petit Torcy et sur la chaussée de Troyes ; mais lestroupes ennemies marchaient en sens inverse de celui qu’on avait pusupposer. C’étaient de Wrède et la cavalerie de Wittgenstein qui reve-naient sur leurs pas. Sclnvarzenberg ne balança pas à ordonner de cul-buter les corps qui se jetaient inopinément au centre de ses opérations.La cavalerie française fut d’abord ramenée jusqu’aux maisons d’Arcfc ;mais l’infanterie de la garde continuant à défiler rétablit le combat etlui rendit scs premières positions. Cependant de Wrède épuisa ses ef-forts devant le grand et le petit Torcy; écrasé par le feu de Ney il nerevint à la charge que soutenu par les gardes et réserves; malgré cepuissant renfort, le maréchal ne put être entamé, faction se prolongeatrès avant dans la nuit; enfin les assaillans renoncèrent à s’emparer duchamp de bataille.
Pendant que l’aile droite et partie du centre de Schvvarzenberg,étaient si vigoureusement repoussée, l’aile gauche ne rencontra sur le che-min de Plancy qu’une brigade de cavalerie de la garde qui venait d’éva-cuer Méry pour se rendre à travers pays à Arcis. A la vue de l’ennemicette brave troupe se mit en bataille à lièges résolue à se faire jour.Mais on manœuvra pour l’envelopper en débordant sa gauche et elle fuobligée de rebrousser chemin.
Ces évènemens indiquaient assez que l’armée française, qu’on allaitchercher à Plancy, était réellement échelonnée le long de l’Aube , que latête de colonne venait de déboucher d’Arcis et que l’arrière-garde enétait encore loin. Le généralissime était donc en mesure d’opposer tou-tes ses forces à une partie de celles de Napoléon. Il saisit l’occasion, ill'appela sa gauche, rangea plus de 100,000 hommes en demi-cercle parOrtillon, Chaudrey, Mesgnil-la-Comtesse, Nosay et prit enfin la dé-termination de frapper un coup décisif.
L’armée française , en effet, formait encore une ligne allongée : l’ar-rière-garde n’avait point dépassé Conllans, Oudinot seul approchaitd’Arcis et au point du jour Napoléon, n’avait que 3 o,ooo hommes à dé-ployer autour d’Arcis.
Lorsque aux premiers coups de feu il eut reconnu qu’il avait en pré-sence une armée entière, il ne combattit plus que pour éviter d’engagerla mêlée et pour assurer la retraite. Il y réussit en dépit de longs etpuissansefforts. L’aile droite en définitive contint l’ennemi, et l’on passa, sans désor-dre mais non sans perte, les ponts de l’Aube qui furent incendies.