520
GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
au milieu des masses de l’ennemi, ils manœuvraient sur la Soude pourgagner Vitry par Cosle, dans le même temps que les corps de Schwarzen-berg cheminaient en sens inverse et que ceux deBlucherallaient saisir surplusieurs points la chaussée de Montmirail . Us n’étaient point les seulsexposés à des coups accabians. L’arrière-garde de Macdonald (Pacthod/jooo), n’ayant pu se rendre à Arcis avant que Schwarzenberg eût com-mencé à défiler, s’était repliée à Sézanne où se trouvait aussi une divi-sion d’escorte (Amey 1800) qui, après s’être égarée en cherchant à con-duire le grand parc à Sommepuis, songeait à le mettre sous la protectiondes deux maréchaux. Sur la nouvelle qu’ils avaient quitté Montmirail où Vincent seul était resté, Pacthod et Amey s’étaient mis en marche parChampaubert et Bergères.
Marmont ne tarda pas à se heurter contre la cavalerie de la colonne dedroite de Schwarzenberg; tandis qu’il s’efforcait de l’arrêter en tête, lescosaques tournant sa gauche, le séparèrent de Mortier. U fallut plier, lesdeux corps gagnèrent péniblement Sommesous. U se reformèrent enarrière de ce bourg, s'appuyant à Chapela:ne et Montepreux; mais laseconde colonne austro-russe ayant alors dépassé Mailly, détacha sacavalerie qui les chargea derrière Montepreux et les rompit de nouveau.Pareille manœuvre les déposta par deux reprises de Fère-Champenoise etde Linthes; enfin , la nuit, ils parvinrent à tenir ferme entre Sézanne etAllemcnt. Cependant Pacthod et Amey étant arrivés à Villeseneux furentassaillis par la cavalerie de Langeron qui côtoyait la Soude attirée parle bruit du combat. Ce n’était pas assez : la cavalerie de Sacken accou-rut sur leurs derrières, les força de quitter la route, de se retirer à traverschamps, d’abord à Clamange puisa Ecury-le-Repos d’où ilsespéraient ga-gner Fère, mais un nouveau détachement, sorti au galop de Bergères,leur en avait déjà barré le chemin.
Les deux généraux ne perdirent point courage, ils entendaient le ca-non de Marmont dans la direction d’Allcment et, en se jetant dans levallon du Petit-Morin , ils comptaient encore rallier le maréchal. Vainespoir! Comme ils s’avançaient, formés en carrés, bravant les efforts desescadrons qui les enveloppaient, la cavalerie de réserve de Schwarzen-berg atteignit Fère et s’élança contre eux. Us avaient déjà traversé Aul-nay, Bannes, ils touchaient au grand Broussy lorsqu’une masse de 12,000chevaux les entoura et les cribla de mitraille. U ripostèrent par un feuterrible; on les somma de déposer les armes, mais ils puisèrent de nou-velles forces dans l’excès de leur infortune, et préférèrent arroserde leur sang le sol sacré de la patrie. Les deux divisions succom-bèrent avec gloire, non sans faire essuyer aux ennemis d’énormes pertes.A peine un petit nombre parvint-il à rejoindre Vincent qui, lui-même,