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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC,

colonne de Wurmser fila sans obstacle surNogara.

Je ne fus pas bien affecté de cet échec,qui en effet ne changeait rien à l’état desaffaires. Wurmser n’en étaitpas moins cernéde toutes parts. Je savais que Sahuguetétait à Castellaro ; il avait les ordres les pluspositifs de couper les ponts de la Molinella,et de se servir de cet obstacle pour arrêterl’ennemi. Malheureusement il oublia le pontde Villa-l'mpenta; Wurmser, apprenantqu’il était intact, s’empressa d’en profiterpour échapper à la ruine certaine qui l’at-tendait, et alla s’enfermer dans Mantoue . Jene pardonnai jamais à Sahuguet une fauteaussi grossière, qui me priva d’un des plusbeaux fruits de la victoire de Bassano. Lagarnison de Legnago, bloquée sur la rivegauche de l’Adige par la division Augereau,et sur la rive droite par une brigage de cellede Masséna, capitula le 12.

Affaires de St-Georges.

Wurmser s’était flatté de paraître devantMantoue à la tête de 26 mille hommes victo-rieux, afin de la débloquer ; il s’y était jetéavec 12 mille hommes vaincus, exténués etpoursuivis, qui allaient eux-mêmes y être in-vestis. Ses troupes furent d’abord campéesau-dehors de la place, entre St-Georges etla citadelle. Cette position leur donnait lapossibilité de tenir la campagne et de fairedes courses utiles à l’approvisionnement. Ilfallait donc les obliger à rentrer dans laplace, d’où la garnison ne pourrait débou-cher facilement à cause de sa situation topo-graphique défavorable pour les sorties. Legros de mon armée fut dirigé à cet effet surMantoue ; quelques avantages partiels queles ennemis obtinrent le 13 et 14, sur lestroupes de Sahuguet et de Masséna, leurinspirèrent une sécurité dont je ne tardaipas à les punir.

Le 15, ils firent sortir toute leur garni-son pour un grand fourrage. Le même jourje les attaquai avec toutes mes forces : à ladroite, Sahuguet se porta sur la Favorite ;à la gauche, la division Augereau, venuede Governolo, marcha par Castellaro surSt-Georges; au centre, la division Massénaprit une position masquée près de Due-Cas-telli. Wurmser , se voyant assailli sur sesdeux ailes, y porta de nombreux renfortstirés du centre qui se trouva dégarni. Jelançai alors la division Masséna, qui, ne ren-contrant pas de résistance sérieuse, péné-tra jusqu’à St-Georges, qu’elle enleva à labaïonnette. La prise de ce poste compro-mettait la retraite de la droite des Au-trichiens, qui dut chercher son salut enperçant du côté de la citadelle. Wurmser ,affaibli par une perte de 2 à 3 mille hommes,rentra dans la place.

Nouvelle position de l’armée autour de Mantoue .

Je confiai le blocus de Mantoue au géné-ral Kilmaine , qui avait sous ses ordres ladivision ci-devant Serrurier, forte de 8 millehommes. Le reste de mon armée vint seremettre en observation devant le Tyrol :il eût été inutile et imprudent d’y pénétrer,alors que Jourdan était ramené sous le ca-non de Dusseldorf , et Moreau replié souscelui de Kehl ; cette invasion sans but n’eûttendu qu’à laisser échapper Wurmser . Mas-séna, avec 10 mille hommes, se rendit doncà Bassano ; Augereau en ramena 9 mille àVérone ; Vaubois, avec 10 mille, demeurasur le Lavis. Si à toutes ces forces 011ajoute ma réserve de cavalerie, on verraque le total de mon armée active ne s’éle-vait pas à 40 mille combattants.

La présence d’une petite armée dans Man-toue devait accroître les trophées que nouspouvions espérer de cette conquête; maisles revers que nos armes éprouvaient dans