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Tome premier.
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CHAP. II. CAMP. DE 1796 EN ITALIE .

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tout prix, pensant que c’était le seul moyend’en imposer au reste de la péninsule.

Débats avec Rome.

Bien que Pie vi protestât sans cesse deson amour pour la paix, il était trop enclinà partager la haine que les cardinaux et lesecrétaire d’état vouaient aux maximes dé-mocratiques, et trop ulcéré de la dureté desconditions qu’on lui imposait, pour ne pastraîner les négociations en longueur, dansl’espoir de trouver tôt ou tard l’occasion deles rompre avec éclat.

Les premiers succès de Wurmser et ledéblocus momentané de Mantoue avaientranimé toutes les espérances du gouverne-ment pontifical ; il compta même tellementsur ces succès passagers, qu’il chargea leprélat Lagreca de chercher à reprendreFerrare , et réussit, sous différents prétextes,à éluder les articles de l’armistice. On étaitconvenu qu’il n’enverrait point d’ecclésias-tique pour traiter définitivement de la paix:au mépris de cette clause, il avait envoyé àParis les prélats Petrarchi et Yangelisti.Une pareille obstination étant de nature àdétruire toute confiance, le gouvernementfrançais crut de sa dignité de ne pas la souf-frir, et ces deux agents reçurent l’ordre dequitter Paris dans les 24 heures. D’un autrecôté, les nonces et les légats de la marched’Ancône et de la Romagne se conduisaienten ennemis déclarés de l’armée française .Enfin, le St-Siége négociait une alliance plusétroite avec le cabinet de Vienne, et lui de-mandait des officiers pour commander sestroupes.

Instruit de ces dispositions malveillantes,je me préparais à y mettre fin, lorsque lesopérations des armées impériales me forcè-rent à dissimuler mon ressentiment, et àtourner toute mon attention vers l’Adige.

Le pape, après le renvoi de ses agents,

chercha, il est vrai, à renouer des négo-ciations à Florence . Le prélat Galeppi, ledominicain Soldati, et le chevalier d’Azzara,ambassadeur d’Espagne , qui venait d’êtremédiateur de l’armistice si mal observé, seprésentèrent aux commissaires Salicetti etGarreau; mais il ne fut pas possible des’entendre. Ceux-ci exigeaient que le paperetirât et déclarât nuis les brefs et mande-ments publiés contre la France depuis larévolution ; qu’il fermât ses ports aux An-glais ; qu’il fit réparation du meurtre deBasseville. Poussant même l’inflexibilité jus-qu’au dernier degré, ils présentèrent à sesplénipotentiaires un traité en 64 articles,déclarant qu’il fallait l’adopter ou le rejetertel qu’il était, attendu qu’ils ne se trouvaientpas autorisés à entrer en discussion. Cetteméthode tout-à-fait insolite, même dans ladiplomatie révolutionnaire de 1795, produisitun mauvais effet.

Galeppi retourna à Rome . Les conditionsqu’il apportait parurent trop dures. Lessuccès des Autrichiens enivraient tous lesesprits; on crut à la prochaine délivrancede l’Italie . Le gouvernement pontifical nerejeta pas seulement les propositions qui luiétaient soumises, il passa subitement auxpréparatifs hostiles. L’armistice fut regardécomme nul : l’argent destiné à payer lescontributions rétrograda ; et l’on fit, dansles états ecclésiastiques, de nouveaux arme-ments.

Les neuvaines, les prières, les proces-sions, les bulles, tout ce qui pouvait en unmot enflammer la haine d’une multitudeignorante et superstitieuse, fut mis en usagepour activer le recrutement de l’armée pa-pale. Mais ces moyens, si puissants encoreau xv 8 siècle, avaient perdu toute leur ma-gie : la foule se contenta de faire des vœuxet des prières pour le succès d’une guerreaussi juste. Quelques princes, par la crainte