65
Situation des armées surl’Adige.
Ces révolutions politiques, ces armistices,et ces expéditions intérieures, remplirentl’intervalle depuis le combat de S*-Georgesjusqu’à la bataille d’Arcole. Le gros de l’ar-mée française resta pendant ces deux moisautour de Mantoue , et en observation sur laBrenta et l’Adige . Des fièvres épidémiquesavaient encombré les hôpitaux, et diminuéconsidérablement le nombre des combat-tants ; les renforts arrivaient trop lentementpour que je fusse en état de me porter enavant. Les Autrichiens, au contraire, fai-saient de grands préparatifs pour tenter denouveau le sort des armes.
Une nouvelle armée sous Alvinzi arrive au secoursde Mantoue .
Au milieu d’octobre, le général Davido-wich reçut des renforts qui élevèrent denouveau à près de 20 mille hommes la forcede son corps. Celui de Quasdanowich, qui,après la défaite de Bassano, s’était retiré àGorice, fut aussi porté à environ 25 millehommes. L’organisation permanente desCroates en régiments facilita les levées quiproduisirent une partie de ces renforts, lereste se composait de quelques bataillonsvenus du Tyrol septentrional après la re-traite des armées du Rhin , ou des recruesde l’intérieur. Le général Alvinzi, nommépour commander en chef toutes ces forces,se rendit auprès du corps de Quasdano-wich, et reprit l’offensive en se dirigeantpar Bassano sur Vérone , où il espérait ef-fectuer sa jonction avec Davidowich quireçut l’ordre de descendre l’Adige .
Ma position était difficile ; je ne pouvaism’avancer à la rencontre d’Alvinzi, sansm’éloigner de Vérone , et sans donner parconséquent la faculté à Davidowich de cul-buter Vaubois, de se réunir à Wurmser sous Mantoue , et d’établir ainsi sur mes1.
derrières une armée supérieure en nombreà toutes les troupes que j’aurais pu réunir.D’un autre côté, je ne pouvais concentrerle gros de mes forces sur Roveredo , sansouvrir à Alvinzi le chemin de Mantoue , cequi, en sens inverse, aurait amené les mê-mes résultats. Il y avait aussi de l’inconvé-nient à me masser sur Vérone , puisque, decette façon, la communication entre Alvinziet Davidowich eût été rétablie par la valléede la Brenta. Cependant il m’était presqueaussi nécessaire d’empêcher la jonction deces deux généraux, que de m’opposer à laréunion de l’un d’eux avec Wurmser . Il fal-lut donc adopter un terme moyen.
Vaubois est repoussé sur Rivoli.
Vaubois était trop inférieur en nombrepour défendre efficacement les accès deTrente. Je crus qu’en lui faisant prendrel’offensive, je réussirais à intimider Davido-Avich 5 je me trompais : le 2 novembre, Vau-bois obtint quelques avantages à St-Michel,dans la vallée de l’Adige ; mais, tourné lui-même sur sa droite, par la vallée du Lavis ,il fut obligé de battre en retraite le lende-main pour aller se porter à Calliano . Le 4 ,Davidowich entra dans Trente . Le mêmejour, l’armée d’Alvinzi arriva à Citadella etBassano. A l’approche de l’ennemi, Mas-séna s’était replié par Vicence à Montebello.
La communication entre les deux partiesde l’armée ennemie semblait assurée; mais,comme en changeant de général les Autri-chiens n’avaient pas renoncé à faire desfautes, ils continuèrent à agir séparément.Davidowich marcha sur Calliano , et Alvinzise disposa 'a se porter par Vicence sur Vé-rone . Je me décidai à répéter de droite àgauche la manœuvre qui, contre Wurmser ,m’avait réussi de gauche à droite ; c’est-à-dire qu’après avoir cherché d’abord à battreAlvinzi et à le rejeter derrière la Piave, je
9