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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

l’ardeur même de ces fameux chevaux deMamelucks augmentaient le désordre dansleurs rangs ; ils venaient chercher la mortdans les nôtres , désespérés de ne pouvoirnous entamer. A la gauche, les troupesqui marchaient sur Embabé emportèrentles retranchements. Les ennemis, se voyantresserrés ainsi entre notre ligne de carréset le Nil, s’enfuirent vers la haute Égypte ,à l’exception de isoo qui furent noyés dansle fleuve. Tout leur camp et 40 pièces decanon tombèrent entre nos mains LU.

Entrée au Caire .

Cette brillante victoire, qui ne me coûtapas 200 hommes hors de combat, m’ouvritles portes du Caire . J’y entrai le 25.

Ibrahim-Bey, qui commandait les Mame-lucks de la rive droite du Nil, se replia surBelbeis. Mourad-Bey, avec ceux de la rivegauche, prit le chemin de la haute Égypte .J’envoyai à sa poursuite Desaix. Cet excel-lent général, malgré le petit nombre detroupes qu’il avait à ses ordres, réussit às’établir dans la haute Égypte , et à conte-nir Mourab-Bey, qui, toujours battu, maisjamais découragé, renouvelait ses tentativesavec une constance admirable.

Pour achever notre conquête, il fallait sedébarrasser d’Ibrahim-Bey. Je partis du

[1] Un célèbre romancier anglais qui s’est aviséd’écrire l’histoire pour prouver que

Tel brille au second rang qui s’éclipse au premier.

n’a pas craint de comparer la bataille des Pyrami-des à celle de Waterloo .

Quelle ressemblance peut-il y avoir entre un corpsde cavalerie dont la moitié se laisse acculer au Nil ,dont l’autre moitié caracole dans une vaste plaine,et 200 mille hommes d’infanterie munis de soo piècesde canon , manœuvrant de part et d’autre avec ha-bileté dans les champs de Waterloo ?... Position lo-cale, espèce de masses, ordonnance du combat,

Caire le 7 août, avec les divisions Reynier,Menou, Kléber et la cavalerie, me dirigeantsur Belbeis. Ibrahim se retira vers le désertde la Syrie . Je le suivis. Le 11, ma cavalerieatteignit et défit son arrière-garde à Sal-chich. Ibrahim, avec environ mille chevaux,se sauva à travers le désert et se rendit àGaza . Je laissai Reynier à Salchich, avec or-dre de fortifier ce poste qui couvrait l’Égypte du côté de la Syrie . La division Kléber futdirigée sur Damiette , dont elle s’empara,ce qui acheva de me rendre maître de toutela côte. Moi-même, avec la division Menou,je revins au Caire .

Bataille navale d’Aboukir.

Tout allait bien jusque là, ou du moinsje le croyais ainsi ; mais déjà un grand re-vers, amené par l’inexécution de mes or-dres, avait porté nn coup fatal à mes espé-rances. J’avais insisté à plusieurs reprisespour qu’on retirât dans le vieux port d’A-lexandrie la flotte qui nous avait amenés, ouqu’elle fît voile pour la France , si cela nepouvait s’effectuer. Nos marins avaient pré-tendu que le canal menant à ce port n’étaitpas accessible aux vaisseaux de ligne : dessondes faites par mes ordres prouvèrentque ceux de 74 pouvaient passer. Je pressaicette opération. Brueys la trouvait hasar-

manœuvres de deux partis, importance relative del’action , rien en un mot n’offre le moindre sujet derapprochement. Autant vaudrait comparer les ba-tailles de la Moscowa et de Leipsickàl’échauffouréedes Thermopyles. Si j’avais tenu Wellington dansla position oïl j’avais mis les Mamelucks , et qu’il nese fût pas trouvé à côté de lui uue armée de 60 millehommes pour le dégager, il ne se serait pas sauvéun homme de la sienne pour porter la nouvelle de sadéfaite à Londres. Walter Scott eût mieux fait, poursa gloire , de s’en tenir à l’histoire romanesque dusac de Liège par le duc de Bourgogne , qu’il a si biendépeint dans Quentin Durward. (L'ombre de l'au-teur.)