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Tome premier.
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CHAP. Y. CAMPAGNE DE 1799.

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d’exigence n’était, point le résultat d’une no-ble ambition 5 c’était celui d’une morguefracassière et de l’amour de la propagande.La composition du Directoire atteste cettevérité : le stoïcien Rewbel, le noble Barras,l’avocat Merlin, l’illuminé Laréveillère, lepoète François-de-Neuchâteau, n’étaientpas des ambitieux, mais des hommes pré-tentieux, des politiques à courtes vues.Ajoutant ces prétentions exagérées aux ré-volutions dont l’Europe était menacée detoutes parts , il était évident que la guerrese trouvait rallumée de fait. Si elle tarda àéclater, c’est qu’il fallait à nos ennemis letemps de se concerter.

Le cabinet de Vienne , instruit des dispo-sitions de 1’Angleterre et de la Russie ,voulut néanmoins tenter la voie des négo-ciations. Il fallait bien s’expliquer sur lesgriefs qu’on avait, et en demander le re-dressement avant de recourir aux armes.Une négociation décisive s’établit donc àSelz à l’effet de régler les nouveaux in-térêts qui en résultaient. Le baron deThugut , qui s’était retiré des affairespour ne pas signer la paix avec nous,venait de reprendre le portefeuille desmains de Cobentzel. Celui-ci se rendit àSelz pour négocier avec François-de-Neu-château. Quoique l’objet spécial de cesconférences n’ait pas été avoué, on peutprésumer quels intérêts y furent agités ;il est évident que les conseillers de Fran-çois h eussent trompé la confiance de ceprince, s’ils avaient admis l’état de l’Eu-rope au milieu de 1798, comme équivalentà celui qui venait d’être tout récemmentstipulé à Campo-Formio. A la vérité, à cha-cune de ses agressions, le Directoire pro-testait ingénuement de son désir de mainte-nir les relations pacifiques avec la maisonimpériale, comme s’il fallait assaillir direc-tement un état du premier ordre pour se1.

constituer en guerre avec lui, et qu’il nesuffise pas de détruire l’un de ses voisinspour lui faire un devoir de courir auxarmes. Outre l’évacuation de la Suisse et lerétablissement de son entière indépendance,qui devaient être les premiers gages de l’exé-cution du traité de paix, les conventionsrécentes qui venaient de transformer la Ci-salpine, Rome et même le Piémont en vé-ritables provinces conquises, autorisaientle cabinet de Vienne à demander que cesétats fussent de même rendus à leur indé-pendance, ou que la maison d’Autriche obtînt du moins des équivalents pour cetaccroissement de la puissance rivale. S’ilfaut en croire des versions qui n’offrentque ti'op de probabilités, il parait qu’onmarchanda à Selz plusieurs provinces de lapéninsule italique pour indemniser l’empe-reur de ce qu’il perdrait en renonçant àSaltzbourg et à l’Innviertel , ou en souffrantl’ascendant de la France sur les républiquesélevées autour d’elle.

Démarches de la Russie en faveur dePEmpire.

Le cabinet de Vienne , convaincu par lerejet de ses propositions qu’il n’y avait rienà espérer delà part du Directoire , se décidaà se rapprocher de la Russie . Cette puis-sance pouvait d’autant moins rester étran-gère aux événements qui venaient de chan-ger la face de l’Europe , que, garante del’état de l’Allemagne en vertu du traité deTesclien, elle voyait l’empire menacé d’unbouleversement par l’extension qu’on vou-lait donnerai! système de sécularisations etd’indemnités. Et, lors même que la politi-que n’eût pas prescrit à Paul i CT de s’inté-resser vivement à ce qui se passait en Suisse ,à Turin , à Rome et dans la Méditerranée,il y eût été porté naturellement par l’affec-tion qu’il avait constamment témoignéepour l’ordre de Malte.

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