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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

commun ; que d’un côté la Lombardie luitendait les bras, et que de l’autre il voyait lecœur de ses états menacé par l’irruption desFrançais en Suisse ? Lors même que, dénuéd’ambition, il eût franchement renoncé àrecouvrer ses possessions d’Italie , le salutde la monarchie autrichienne ne lui impo-sait-il pas la loi de détourner les calamitésque présageait à l’Allemagne l’établissementdes Français jusqu’aux portes du Vorarl-berg .

Quoi qu’il en soit, son premier soin avaitété de mettre Naples à l’abri du sort quevenait d’éprouver Rome, en signant aveccette cour le traité défensif du 19 mai dontje viens de parler, et qu’on jugea suffisantpour la garantir d’invasion.

Elle s’allie à la Russie .

À ces alliances de pure précaution succé-dèrent bientôt des mesures plus sérieuses :l’inutilité des conférences de Selz ne fut pasplutôt connue, que le comte de Cobentzelpartit pour Berlin et Pétersbourg à l’effet dese rapprocher des intérêts de ces deuxcours. L’alliance avec la Russie ne fut pasdifficile à conclure ; et, dès le mois d’octobre,une armée auxiliaire, dont Suwaroff devaitprendre le commandement, entra en Galli-cie pour se diriger sur la Moravie . D’unautre côté, le conseil aulique, aussitôt aprèsla nouvelle de la chute de Berne , se hâtade remettre les armées impériales sur unpied respectable ; et ce qui se passait autourde lui ne justifiait que trop ses armements.

La politique du Directoire devient de plus en plusoppressive.

Quel espoir restait-il, en effet, de rame-ner Rewbel et ses collègues à un systèmeplus modéré ? L’influence de Talleyrand dans la politique de la France s’était-ellesignalée d’une manière à justifier la réputa-

tion dont ce ministre jouissait ? N’était-cepas depuis son installation qu’on avait mé-dité tant d’invasions et de fausses démar-ches ?

Révolution intérieure en Hollande.

D’ailleurs les exactions des agents du Di-rectoire ne faisaient que s’étendre de plusen plus depuis les sources du Tibre jusqu’auxbouches de l’Ems et aux confins de la Rhétie. Ses proconsuls frappaient des contre-épreuves du 18 fructidor partout où ils pou-vaient craindre le moindre germe de résis-tance, partout où l’on osait croire que laliberté ne consistait pas dans une obéissanceaveugle à leurs prétentions. La Cisalpine était à peine revenue de l’étonnement causépar la destitution arbitraire de ses magis-trats, que la Hollande eut son tour. Ici dumoins le prétexte fut plausible. La constitu-tion batave acceptée, il s’agissait de nommerdes autorités nouvelles. L’assemblée natio-nale provisoire, telle qu’elle était restéeaprès la journée du 22 janvier, avait décrété,le 4 mai, à l’exemple de la convention, que lamajeure partie du nouveau corps législatifserait prise dans son sein, tant il est naturelde retenir l’autorité quand on en a une foisgoûté les charmes. Le général Daendels ,jaloux de prouver son amour pour la liberté,courut à Paris dénoncer les vues de quel-ques membres de ce gouvernement, queCharles Delacroix, alors ministre à La Haye ,soutenait.Le Directoire batave lança contreson général réfractaire un mandat d’arrêt,et sollicita son extradition de la France . MaisDaendels , ayant persuadé Rewbel, revint le10 juin avec des ordres au général Joubertde le seconder dans son entreprise. La luttes’engagea promptement : des commissaires,désignés pour remplacer les chambres, fu-rent arrêtés par le Directoire . L’assembléenationale se disposa à la résistance; et Daen-