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Tome premier.
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CHAP. V. CAMPAGNE DE 1799.

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dels, à l’exemple d’Augereau, paraissant àla tête de quelques compagnies de grena-diers, fit dissoudre le corps législatif, etvoulut procéder à l’arrestation de trois di-recteurs, Wreede, Langen et Finyie; maisdeux s’étaient enfuis, et l’on remit aussitôtle troisième en liberté. Le pouvoir fut con-fié à un gouvernement provisoire, en atten-dant la mise en activité des autorités consti-tutionnelles.

Affaires de Suisse .

La Suisse ne fut pas exempte de ces com-motions. La constitution, fabriquée à Paris par Ochs, Laharpe et Talleyrand , et calquéesur des modèles qui ne plaisaient pas à cepays, était rejetée surtout par les petits can-tons. Les Grisons , qui n’en voulaient pas da-vantage, requéraient les Autrichiens de lesprotéger à teneur d’anciens traités, et unedivision du corps de Bellegarde s’avança surCoire . Les charges jusque là inconnuesauxquelles le pays était soumis par les can-tonnements de 40 mille hommes, semblaientodieuses : les vexations du proconsul Rapi-nat achevaient d’exaspérer les deux partis ;il avait exigé la destitution de deux directeursqui furent remplacés par Laharpe et Ochs.Le premier s’en souciait peu ; mais la crainted’être accusé d’avoir entraîné sa patrie dansl’abîme, sans avoir le courage de la sauver,le décida.

Traité d’alliance conclu à Paris .

Peu de temps après, un traité entre laSuisse et la France fut signé à Paris le 19août. Pour l’honneur des négociateurs Jen-ner et Zeltner, aussi bien que pour celui dugouvernement helvétique , il faut croire queces stipulations furent dictées par la force,et justifiées par le refus de toutes les puis-sances voisines d’intervenir en faveur desopprimés ; car cette alliance offensive et dé-

fensive imposait à l’Helvétie la fournitured’un contingent, et l’établissement de deuxroutes militaires pour descendre en Italie d’un côté, ou en Souabe de l’autre. C’étaitpire qu’une conquête et une réunion formelleà la France ; car, en cas de guerre, on sup-portait tout le fardeau des levées, des impôtset du théâtre des hostilités, sans avoir aucunecompensation à espérer. Le faible prix dece sacrifice était l’acquisition du Frickthal,et la promesse de l’évacuation de la Suisse sous trois mois : clause illusoire dont l’exé-cution semblait impossible, et même en con-tradiction à la teneur du traité.

Serment de fidélité refusé par les petits cantons.

Tandis que le Directoire helvétique asso-ciait ainsi ses destinées à celles de la répu-blique française sous de si funestes présages,l’intérieur le menaçait d’une guerre civile.La mise en activité d’une constitution accep-tée avec tant de répugnance n’avait pasparu suffisante ; on demandait la prestationd’un serment de fidélité solennel, ce qui re-mettait de nouveau à la décision tumul-tueuse des assemblées populaires un actede pure formalité. Ce serment, prêté dansla majeure partie de l’Helvétie, trouva dansles petits cantons la plus vive opposition.Schwitz et Underwald, surtout, jurèrentde mourir plutôt que de s’y soumettre. LeDirectoire trouva fort mauvais que les fils deGuillaume Tell osassent se croire plus libresque des jacobins.

Expédition de Schawembourg contre Stanz.

Schawembourg se rendit à Lucerne avecdes troupes pour en imposer ; mais ses né-gociations ayant été vaines, il résolut d’é-touffer ce germe de résistance dans les Al-pes , et dirigea deux colonnes sur le cantond’Underwald : on sait qu’il se compose d’unepetite vallée à laquelle on aboutit par le