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Tome premier.
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CHAP. Y. CAMPAGNE DE 1799 .

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ner pour couvrir ses conquêtes, paraissaithors d’état d’entrer en campagne avec suc-cès. D’ailleurs, les actes arbitraires quiavaient frappé le Directoire cisalpin, etle despotisme successivement exercé parTrouvé et par Brune sur les magistrats d’unerépublique qui devait être indépendante,avaient mécontenté les Lombards les plusattachés à la France , en même temps qu’ilsavaient redoublé la haine des partisans del’Autriche. Brune, improuvé par le Direc-toire , avait été à la vérité remplacé par Jou-bert dans le commandement en chef del’armée d’Italie ; mais le mal était fait, l’im-pression difficile à effacer, et les causes tou-jours existantes.

Le Piémont n’avait pas été mieux traité,et si les sentiments de la cour de Turin étaient peu favorables pour nous, on se con-duisait avec elle de manière à les justifier.Loin de s’en faire franchement un auxiliairesûr en lui accordant une indemnité pourses pertes, on souhaitait révolutionner sonpays comme la Suisse , pour le faire en-trer dans le système de balance démocrati-que dont j’ai parlé $ et l’occupation de la ci-tadelle de Turin , loin d’arrêter les partisansde la propagande, les avait rendus plus au-dacieux. Ainsi Charles-Emmanuel, bien qu’ileût enfin conclu le traité offensif et défensifqui nous promettait un corps auxiliaire de8 mille hommes, ne pouvait se soumettre debonne grâce à de pareils traitements.

Le grand-duc de Toscane , malgré son dé-sir de la paix, était un prince autrichien ; iln’en fallait pas davantage pour être mis àl’index : on convoitait son pays pour lier larépublique romaine à la ligurienne et à lacisalpine . Tous ces projets ne devaient pasmanquer de nous faire des ennemis. Le vé-nérable Pie vi , dépossédé de sa puissancetemporelle, mettait son influence spirituelleen campagne pour les exciter.

Naples signe une convention secrète avec les Anglais etfait des levées considérables.

A ces chances de succès, il faut ajouterque le cabinet de Tienne pouvait comptersur le secours de celui de Naples, à qui monéloignement et l’approche de l’orage révolu-tionnaire, qui menaçait de franchir les étatsromains, avaient rendu toute sa haine. Untraité, signé le 19 mai 1798, comme simplemesure défensive, avait été suivi d’une levéepour compléter l’armée napolitaine. Actonn’attendit pas la victoire de Nelson pourmanifester l’intention de revenir à son an-cienne politique: l’accueil qu’on fit à cetamiral, au mépris du traité de Paris, ensouffrant qu’il fût reçu et approvisionné dansle port de Syracuse pour faciliter sa courseà la recherche de la flotte qui portait monarmée, démasqua la partialité de ce cabinet.Il n’en eût pas fallu davantage pour prouverqu’il se jetait de nouveau dans les bras del’Angleterre, si une convention secrète,signée dès le 11 juin par les plénipotentiairesdes deux cours, ne les avait formellementliées contre la France . A peine la victoired’Aboukir fut-elle connue, que les conseil-lers de Ferdinand iv jetèrent le masque, enordonnant une levée de tous les hommesde 18 à 45 ans, pour couvrir, disaient-ils, lescôtes des Denx-Siciles contre les dangers aux-quels elles se trouvaient exposées depuis laprise de Malte. On ne se borna pas à porterles régiments de ligne au complet ; un nom-bre égal de milices provinciales bien orga-nisées éleva la force de l’armée napolitainejusqu’à 60 mille hommes : auxiliaire puissantqui devait assurer aux armées impériales lasupériorité dans la péninsule.

Chances favorables pour l'Autriche .

Dans de telles circonstances, François 11pouvait-il balancer, quand les Russes et lesTurcs marchaient de concert contre l’ennemi